La mission, c’est aussi combattre la faim!

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Combattre la faim ou la misère n’a rien à voir avec de l’humanisme, nous dit Daniel Hillion, pour qui la mission ne se limite pas à l’annonce de l’Evangile. Découvrez sur notre article les autres articles du dossier consacré à la mission.

On estime qu’environ 842 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde, soit près d’un habitant de la terre sur huit. Il est courant, parmi les évangéliques, d’entendre des mises en garde contre l’«humanisme». Les organisations chrétiennes œuvrant dans le domaine social, nous dit-on, seraient particulièrement vulnérables à la tentation de perdre leur vocation missionnaire pour verser dans l’humanisme.
On pose plus précisément le problème quand on demande : qui est au centre de notre vie et de nos projets ? Le Dieu de Jésus-Christ ou l’être humain ? Or, si le Dieu de la Bible est au centre de notre existence, cela ne nous rendra pas seulement plus spirituels, mais aussi plus humains ! «L’homme qui regarde autrui avec bonté sera béni parce qu’il a partagé son pain avec le pauvre» (Prov. 22, 9). Ce texte ne parle pas de «partager l’Evangile», mais de partager son pain avec le pauvre.
Tout au long de la Bible, la paire «nourriture et vêtement» sert à résumer ces besoins de base de notre vie terrestre, ces choses dont le pauvre manque et que nous sommes appelés à partager avec lui. Le partage est une valeur humaine et elle est précieuse comme telle aux yeux de Dieu le Créateur qui a fait l’homme à son image et qui a un projet de salut pour le monde.

Changer le monde ?
Face à l’immensité des besoins à l’échelle de la planète, nous pouvons nous sentir découragés. Cela ne fait-il pas bien longtemps que nous entendons parler de la faim dans le monde, de la malnutrition et d’autres fléaux de ce genre ? Notre action, nos dons, nos prières servent-ils à quelque chose ? Il est bien difficile de quantifier les progrès et les régressions, car les chiffres doivent être interprétés et placés dans le bon contexte. Nous savons cependant que la faim diminue à l’échelle mondiale : selon les Nations Unies, la proportion de personnes sous-alimentées a baissé de 24% à 14% en vingt ans. En outre, la sous-alimentation chronique chez les jeunes enfants de moins de cinq ans a diminué, même s’il faut hélas préciser qu’un enfant sur quatre en souffre toujours. Ceux qui luttent contre la faim ont donc des raisons d’être encouragés, mais sans oublier qu’il reste beaucoup de travail à accomplir ! Nous ne pouvons peut-être pas changer le monde, mais nous pouvons changer des choses dans le monde !

Regarder autrui avec bonté
Les causes de la pauvreté et de la faim sont complexes et se ramènent en fin de compte au fait que nous vivons dans un monde déchu. Dans quelle mesure Dieu attend-il de nous que nous changions le monde ? Je ne le sais pas exactement, mais il nous appelle en tout cas au partage et à un regard différent sur autrui. Le secret pour mettre en pratique le verset des Proverbes tient dans la certitude que Dieu veut être pour nous un père et un sauveur. Toute action sociale authentiquement chrétienne provient de la grâce. Ainsi notre partage avec celui qui a faim devient un reflet de l’amour de Dieu pour nous et s’inscrit dans notre témoignage chrétien.
L’Engagement du Cap affirme que «le contexte de toute notre mission est le monde où nous vivons, le monde de péché, de souffrance, d’injustice et de désordre créationnel, dans lequel Dieu nous envoie pour aimer et servir pour l’amour du Christ». Quand nous pensons à la mission, n’oublions pas le contexte de la mission et soyons d’autant plus authentiquement humains que nous fixons les regards sur la croix où Dieu lui-même nous a regardés avec bonté !

Daniel Hillion est responsable des relations publiques du SEL

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