Bénir, Pouvoir magique? Paroles ou actes ?

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Bénir. Voilà un mot qu’on entend à toutes les sauces. Robin Reeve, professeur à l’école théologique HET-PRO, nous décortique ce verbe qui a plusieurs significations.

Dans la Bible, Dieu bénit les hommes. Mais les hommes bénissent aussi Dieu, et ils bénissent parfois les hommes… Pas facile de s’y retrouver! Bénir doit-il toujours se comprendre de la même manière? En fait, ce mot a divers sens à ne pas confondre.

Bénir les hommes
Voyons déjà quand il est question de bénir les hommes. Un texte significatif est la bénédiction que les prêtres doivent prononcer sur les Israélites (Nombres 6, 22-27). La phrase «voici comment vous bénirez les Israélites» consiste à demander des actes bienveillants de la part de Dieu. Bénir, ici, c’est garder, accorder la grâce et donner la paix. Dieu explique: «C'est ainsi qu'ils mettront mon nom sur les Israélites et je les bénirai.» Si ce sont les prêtres qui demandent la bénédiction, c’est Dieu lui-même qui fait du bien. En fait, la phrase «vous bénirez» mène à Dieu qui affirme «je les bénirai».

Mieux vaut donc éviter des phrases ambiguës du style «je te bénis!», comme si nous étions Dieu nous-mêmes. Par contre, dire «sois béni!» sous-entend «par Dieu».

Quand Dieu bénit les hommes, il parle et agit envers eux. Ainsi, lors de la création, il bénit l’être humain en lui disant son rôle: se multiplier et régner sur la création (Genèse 1, 28). Quand les hommes bénissent d’autres êtres humains, ce n’est pas magique. Soit ils invoquent la bénédiction opérée par Dieu, soit ils agissent eux-mêmes de manière concrète. Ainsi Paul demande de bénir nos persécuteurs et décrit des gestes de bienveillance (donner à boire et à manger - Romains 12, 14-21). Bénir signifie aussi «dire du bien» de la personne. La bénédiction s’oppose donc à l’insulte, car la vocation des chrétiens est de bénir (1 Pierre 3, 9).

Bénir Dieu
Parfois, il est question de bénir Dieu. Dans le Psaume 66, 8 on lit par exemple: «Peuples, bénissez notre Dieu, faites retentir sa louange!» Il s’agit en fait d’exprimer des paroles qui disent du bien de Dieu.

«Bénir Dieu» a donc un sens plus restreint que celui de «bénir les hommes», qui peut ajouter des actes bienfaisants aux paroles. Dieu n’a pas besoin que les hommes le nourrissent et accomplissent des corvées qui le fatiguent! Les auteurs de la Bible s’opposent précisément de manière régulière à une telle vision de Dieu, typique de l’idolâtrie et de la foi en divers dieux (qui, par définition, sont incomplets).

Robin Reeve

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