L’Evangile selon Kevin

image: L’Evangile selon Kevin
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Il y a dans le cœur humain un vide en forme de Dieu, que chacun va s'efforcer de combler à sa manière. Le parcours typique de quelqu’un qui pourrait être votre voisin de palier, de cours ou de travail

C'est dans une boîte de nuit que démarre notre histoire. Il est trois heures du matin. Kevin s'amuse beaucoup. Il est «bien lancé», qu'il dit. Il a pris une pilule qui le rend complètement déconnecté de la réalité. Il drague deux nanas. Ils partagent des danses collés les uns aux autres sur des rythmes technos et les déhanchés des filles le mettent dans tous ses états.

Dimanche, 14h. Réveil brutal. Kevin est sur le canapé de son salon. Il a mal à la tête et encore un gros tournis. Il ne souvient pas vraiment de sa fin de soirée, mais il la décrit comme excellente, «trop l'éclate». Et c'est une soirée qui ressemble à la majorité de ses soirées de week-ends.

Bon gars
Kevin est un bon gars. Il a un bon travail. Il est seul depuis que Marion l'a quitté l'été dernier, mais il relativise. Pour lui, il faut profiter de la vie a fond! Il a vingt ans. Il est jeune. Le monde lui appartient. En allant chercher ses cigarettes, il rencontre un groupe d'ados qui distribuent des flyers. Il ne s'arrête pas mais prend le feuillet où il est écrit: «Ta vie te plaît, mais es-tu heureux?». Interpellé, il rit lorsqu'il voit au verso l’inscription «Jésus peut changer ta vie».

Mercredi, durant le repas de famille, Kevin raconte son «super» week-end, en enjolivant un peu son récit, à son cousin Timothée. Ce dernier écoute et se lance dans une discussion qui prend une toute autre direction, assisté de sa sœur Rebecca. Kevin les écoute attentivement parler de ce qu'ils vivent dans leur Eglise et sa cousine lâche une phrase qui l’ébranle en dedans: «Kevin, es-tu heureux? Es-tu vraiment heureux de la vie que tu mènes?». Sa réponse est argumentée d'un éclat de rire et de quelques moqueries. Mais dans son cœur, cette question retentit sans fin.

En quête
A la fin de la soirée, Kevin cherche dans la corbeille le flyer qu'il a reçu du groupe d'ados et le lit attentivement. Il retrouve un Evangile dans sa bibliothèque. Tout ce qu'il lit le bouleverse et il désire ces choses. Il aimerait changer de vie. Le lendemain, dès son réveil, il repense à tout ça, en particulier à ce Jésus. Si seulement il pouvait le rencontrer personnellement, comme c'est écrit sur le flyer… mais il ne sait pas comment faire, à qui s'adresser.

Au travail, il pose des questions détournées, l’air de rien, à ses collègues. Les réactions sont toutes différentes et dévalorisantes. «Si Dieu existait, tu penses qu'il y aurait autant de guerres?», lance le premier. «Crois-moi, fiston, j'ai vu des couples s'aimer puis se haïr. Je n'ai pas connu mes parents et ma femme est partie dans les bras d'un autre alors que nous venions de perdre notre enfant. Je peux te l'affirmer: il n'y a pas l'ombre d'un Dieu sur cette terre!»

Kevin entend et ressent la tristesse de ses collègues, mais au fond de lui est née la conviction que Dieu existe. Il appelle sa cousine et lui pose des questions sur Dieu. A la fin de la discussion, Rebecca l'invite dans le groupe de jeunes chrétiens qu'elle fréquente, Kevin accepte.

L’heure du choix
Vendredi matin, le réveil sonne et voilà notre jeune homme qui se lève la tête remplie de questions. «Suis-je heureux?», «comment être chrétien?», « Dieu m'aime-t-il malgré tout ce que je fais?». Et puis les premiers textos arrivent dans la matinée. Deux copains lui proposent une sortie en boîte de nuit et promettent de bons délires. Une copine lui envoie un message gentil avec des sous-entendus. Et il y a ce message de sa cousine: «Kevin, n'oublie pas que tu es le bienvenu ce soir à notre groupe de jeunes. Bisous. Sois béni! Reb.»

Ce soir là, il a suivi les premiers textos. La soirée passée avec ses deux amis s’est terminée avec la fille. D'après lui, c'était une soirée parfaite. Ensuite, il a mis les questions qui le tourmentaient de côté.

Visite chez les chrétiens
Dix mois plus tard, un de ses rendez-vous s'est annulé à la dernière minute. Il décide donc d'aller «regarder» à quoi ressemble l’Eglise de sa cousine et de son cousin. Ils l’ont relancé à plusieurs reprises. Il va leur faire plaisir mais se dit bien que ce n’est pas fait pour lui… ou que lui n’est pas fait pour ça.

La soirée est sympa. Il y rencontre des gens plutôt cool, pas bien différents de lui, en somme. La chose qui le surprend, c'est la différence de genres et d'âges et pourtant, les gens sont tous ensemble. Leur unité est troublante. Le pasteur parle de la valeur des choses. Il l’écoute attentivement et la question intérieure revient, comme un vieux refrain: «Es-tu heureux de la vie que tu mènes?». Une fois la cérémonie terminée, les gens se retrouvent autour des tables, avec des boissons, chips et autres sucreries. Kevin profite pour poser des questions: «C'est vrai que tu n'as pas le droit de boire d'alcool?». «Tu peux pas faire l'amour avant le mariage ?». «Quant tu pries, tu entends Dieu?». «Tu n'as pas le droit d'aller en boite de nuit?».

La crainte de perdre sa liberté
Ces questions reflètent avant tout une crainte, celle de perdre sa liberté. Kevin aimerait être heureux et connaître Jésus, mais il sent intérieurement qu’il devra choisir entre ça et certains de ses petits plaisirs. «Et cela voudrait dire que je devrai renoncer à mes amis?», pense-t-il à voix haute.

Tout comme Kevin, nous nous retrouvons confrontés tôt ou tard à un choix. Le chemin aux côtés du Christ est comme un marathon sur une petite route, mais il est le chemin qui mène à la vie éternelle. Dieu est amour et il désire avant tout une relation personnelle avec chacun car lui seul peut combler en nous le vide intérieur.

Juan Millan © Alliance Presse - toute reproduction interdite

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