FAQ: comment on devient chrétien

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Une série de questions-réponses pour vous aider à mieux reconnaître votre cheminement spirituel et aussi celui des autres

Qu’est-ce que la conversion chrétienne a d’unique et de particulier?
Elle se base sur une révélation. En fait, elle est une réponse de l’homme à l’action de Dieu. Celui qui est prêt à se convertir a en général réalisé deux choses: premièrement, qu’il est perdu, séparé de Dieu et éloigné du but pour lequel il a été créé. On appelle aussi cela «la repentance». Deuxièmement, il accepte ce que Jésus a fait pour remédier à cette situation, en mourant sur la croix à sa place.

Lorsque Jésus a discuté de cette question avec un savant religieux juif du nom de Nicodème, il lui a dit: «Si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'Esprit est Esprit» (Jean 3:5-6). Dans la conversion authentique, il y a véritablement un miracle qui se produit.

Se convertit-on à un moment précis où est-ce un processus?
Cela dépend des personnes et des cultures. On peut avoir grandi dans un foyer chrétien et avoir l’impression qu’on a toujours vécu avec Dieu. Et c’est vrai. En Europe, la cassure avec la culture ambiante, quand on a décidé de suivre Dieu, n’est pas forcément aussi forte qu’ailleurs, puisqu’on vit dans des sociétés christianisées. Dans le monde musulman ou ailleurs, ceux qui choisissent le Christ peuvent tout perdre: famille, emploi, amis, liberté.

Autant les histoires individuelles sont uniques, autant il y a souvent, dans chacune, à la fois un cheminement et des moments forts. Jésus a appelé une fois ses disciples et ils l'ont suivi. Cette rencontre va bouleverser leur vie et impliquer de nombreux changements qui prendront beaucoup de temps! L’apôtre Paul a reçu une révélation de Dieu si forte qu’elle l’a projeté par terre. Mais ne soyons pas trop stricts dans nos cadres.

Voici l'image suivante: la conversion, c'est comme si nous passions d'un monde, celui où je suis au centre, au monde de Dieu, où lui est au centre. Passer d'un monde à l'autre, c'est changer d'environnement, de valeurs, de principes, de règles. Aujourd'hui, quelques heures d'avion seulement nous suffisent pour être «dépaysés». Parfois le choc est même tellement grand que nous avons besoin de quelques jours, voire plus, pour nous en remettre. Alors que dire d'un tel changement entre «notre» monde et celui de Dieu?

Est-ce un problème aux yeux de Dieu si l'on répond à un appel à la conversion plusieurs fois?
Non! La première fois, c’est un point de départ à une relation, une connexion qui se fait entre Dieu et nous. Par la suite, nous aurons souvent le désir de renouveler cette relation. Il s’agit alors d’un réengagement plus profond. Certains pensent ainsi que la démarche n’est pas la même et qu’il faut réserver le terme «conversion» à la première fois, même si l’on s’est éloigné de Dieu à plusieurs reprises. Le pasteur Marc Walther est de ceux-ci: «Je me suis converti à onze ans. J’ai ensuite vécu un temps loin de Dieu. A dix-huit ans, j’ai repris l’engagement là où je l’avais laissé.»

D’où peut venir, parfois, cette impression de ne pas être converti?
Le sentiment qu’on s’est engagé de manière prématurée, sans réelle conviction. Il faut parfois du temps pour arriver à une conviction. Ici, il faut peut-être repartir en arrière et se demander ce que l’on veut vraiment, demander que Dieu nous éclaire.

Il peut s’agir d’un autre problème qui est une mauvaise compréhension. C’est vrai qu’il y a des jours où on ne sent pas très «converti». On doute de soi et on doute de Dieu. On a l’impression de ne pas en faire assez. Ici, nous avons besoin de revenir au message de la grâce: la conversion repose d’abord sur ce que Dieu a fait pour nous et non l’inverse. Si on l’oublie, on perd souvent la joie d’être chrétien.

Si l’engagement public a été pris, Dieu aussi s’est engagé avec nous. Et pour lui, c’est du solide.

Les chrétiens évangéliques ont fait de l’appel public à la conversion pas loin d’un «sacrement». Est-ce une bonne chose?
L’appel à manifester publiquement une décision de changer de vie se trouve dans le livre des Actes. Lors de la première Pentecôte de l’Histoire, l’apôtre Pierre a invité ses auditeurs à accepter l’Evangile et à se repentir. Mais le sacrement biblique, c’est celui du baptême. Le baptême est l’engagement public du chrétien et c’est Jésus lui-même qui l’a prescrit. Il faut faire attention à ne pas remplacer l’un par l’autre.

Ne demande-t-on pas parfois trop aux gens de se lever devant tout le monde pour montrer qu’ils s’ouvrent à Dieu? N’y a-t-il pas le risque de manipuler les foules?
Oui, il y a risque d’un «sentiment» de conversion, due à une ambiance ou aux pressions d’un orateur. On dit aux gens: «Si vous avez été touché ce soir, si votre cœur bat, alors c’est Dieu qui vous parle». Seule la personne elle-même peut savoir ce qui se passe réellement en elle. Est-ce le Saint-Esprit qui l’interpelle ou est-ce purement psychologique? Est-ce la pression d’une atmosphère, d’un environnement, ou les premiers bourgeons de la foi?

On ne peut pas faire germer de force la graine de la foi dans le cœur de quelqu’un. Si c’est purement psychologique, l’engagement ne tiendra pas. Les fondations seront mauvaises. La personne suivra une mode, un réseau de connaissances, un ensemble de pratiques religieuses, sans connaître vraiment Dieu. Seul le Saint-Esprit peut vraiment commencer une œuvre en quelqu’un. C’est la Bible qui le dit.

Il faut se méfier de deux extrêmes: d’un côté les pressions et de l’autre, l’excès de tolérance, par lequel on n’oserait plus mettre les gens devant un choix, en se disant, par exemple, que Dieu les accueillera de toutes façons. C’est contraire à l’histoire du christianisme.

Il y a beaucoup de termes qui expriment la même notion: donner sa vie à Jésus, ouvrir son cœur à lui, changer de vie, devenir chrétien, recevoir ou accepter le Christ ou l’Evangile, renouer avec la foi, l’homme nouveau, etc. Lesquels sont bibliques? Lesquels sont compréhensibles, aujourd’hui?
Les bibliques sont les simples et les plus éclairantes. Il s’agit d’abord d’«être sauvé», plus que d’adhérer à une croyance ou à une religion. Suite aux miracles de Jésus, les gens «croient» en Jésus ou à la Bonne Nouvelle. Jésus appelait les gens à «se convertir», c’est-à-dire à changer de cœur. Il dit ailleurs qu’il faut «naître de nouveau» (d’où la phrase «born again» en anglais).

Le problème, c’est que ce vocabulaire n’est souvent plus compris en français, il est connoté religieux, donc étranger à la vie courante; c’est pourquoi on utilise parfois d’autres expressions.

Avec la participation de Marc Walther, El Ramon, Nastasia et Jean-Luc Emery
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