Je stagne dans ma foi; est-ce normal, docteur?

Micro-trottoir

Camille Pittet, 19 ans
Vas-tu à l’Eglise?
Oui, pour passer du temps avec Dieu. On est censés se souvenir du Jour du repos. Dans l’Eglise, je trouve la communauté, la fraternité et le partage.
Qu’est-ce qui nourrit le plus ta foi?
Un tout! Mais je suis plus motivée par le partage avec d’autres, quand ça devient plus concret pour moi.

Mark Waldmann, 18 ans
Vas-tu à l’Eglise?
Oui! C’est important pour maintenir la vie avec Dieu. J’y vais pour Dieu.
Qu’est-ce qui nourrit le plus ta foi?
Le partage avec les autres. Je peux rendre compte de choses importantes qui sont en moi, chercher des repères et aider les autres.

Rachel Vernez, 17 ans
Vas-tu à l’Eglise?
Oui! J’ai besoin de plus apprendre sur la Bible. Je n’ai pas assez de connaissances. Et cela permet de voir ses amis.
Qu’est-ce qui nourrit le plus ta foi?
Les expériences fortes vécues avec Dieu.

Tamara Girard, 17 ans
Vas-tu à l’Eglise? Non.
Pourquoi?
Ma famille n'est pas chrétienne. J’ai découvert la religion quand j’ai commencé à me rendre dans des camps bibliques d’été, cela fait dix ans. C’est le seul lien que j’ai avec l’Eglise. J'y retourne chaque année avec plaisir.

Joseph Vianney-Liaud, 17 ans
Vas-tu à l’Eglise? Oui.
Pourquoi?
Mes parents m'y ont amené depuis tout petit. Je continue à y aller, surtout pour revoir mes potes de l'Eglise et vivre de bon moments.
Qu’est ce que ça t’apporte?
Une relation plus profonde avec Dieu et des prédications intéressantes, également des moments de grâce et de réconfort.

Marco Picchi, 18 ans
Vas-tu à l’Eglise? Oui
Pourquoi?
Je suis libre d’y aller, ce n'est pas une obligation pour moi. J'y vais depuis que je me suis mis à chercher Dieu de tout mon cœur, à l'âge de seize ans. Depuis, une vraie relation est née. Je vais à l'Eglise pour lui.
Qu’est ce que ça t’apporte?
L'occasion de louer Dieu accompagné de mes amis chrétiens et d'écouter sa Parole.

La foi a ses saisons La Bible parle de maturité dans la foi et de croissance. Cela prend du temps et on ne voit pas toujours sa foi grandir très rapidement.

Au moment où la foi apparaît – lorsqu’on se convertit, selon la formule consacrée – il semble qu’elle grandisse très vite, comme une plante ou une fleur qui sort de terre. C’est le printemps de la foi et c’est magnifique.
Mais quand la foi fait ses racines, quand elle s’affermit, quand elle va plonger en profondeur pour s’établir, parfois au travers de temps difficiles ou d’épreuves, on n’y voit pas grand-chose sur le moment. C’est plus tard que l’on s’émerveille. Dans ces moments-là, il s’agit de persévérer dans les choix que l’on a faits précédemment. C’est l’automne. L’hiver est pareillement une saison de repos nécessaire, où on a l’impression que rien ne se passe. On parle aussi de désert. Tout le monde connaît ces moments-là et les vivent de manière assez différente, selon l’évaluation qu’ils font de leur foi.

La foi comme une puissance mesurable
Oui, la foi peut être abordée de plusieurs manières. On peut la considérer comme une puissance qui permet de faire des choses extraordinaires. Par exemple, Jésus a dit: «Si votre foi n'était pas plus grosse qu'une graine de moutarde, vous pourriez commander à cette montagne: “Déplace-toi d'ici jusque là-bas” et elle le ferait. Rien ne vous serait impossible» (Mat. 17, 20). Théoriquement, ce devrait être facile d’évaluer ce type de foi: on essaie d’abord de déplacer un trombone de bureau ou un caillou et si ça marche, on prend plus gros… jusqu’à la montagne.
Cette méthode d’évaluation «mathématique» est souvent utilisée dans d’autres domaines, comme la santé, la réussite en amour, en popularité et biens matériels (qu’on appelle les degrés de bénédiction, hum!) et les miracles en tout genre. Cette méthode pousse à se comparer aux autres. Elle est particulièrement déprimante pour ceux qui ont une foi qui s’exprime dans les choses plus cachées et elle est particulièrement valorisante pour ceux qui ont des dons très visibles et efficaces… en tout cas à court terme.

La foi comme attente
Un texte de la lettre aux Hébreux donne de la foi une définition différente mais très précise: elle est «l’espérance des choses cachées, la démonstration de celles qu’on ne voit pas» (Héb. 11,1). C’est à dire qu’on ne peut pas vérifier aujourd’hui la réalisation des paroles et des promesses de Dieu, mais je lui fais confiance et j’attends. Je mise ma vie sur le non-visible. La grande difficulté est qu’une espérance ne s’évalue pas. De manière ultime, la récompense de la foi est la vie éternelle.

La foi et l’amour
D’après Jésus, l’important est de croire en lui, c’est-à-dire de lui faire confiance, de le connaître, de l’aimer. Quant à l’évaluation, c’est Dieu qui s’en chargera. Nous pouvons avoir de la peine à savoir où nous en sommes dans notre relation à Dieu parce qu’il est difficile d’évaluer l’amour. Le premier commandement qui nous est donné, c’est: «Aime ton Dieu». L’apôtre Paul dira: «Supposons même que j'aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n'ai pas aussi l'amour, je ne suis rien» (1 Cor. 13,2). D’aimer Dieu de tout notre être, voilà ce qui fait grandir notre foi.
Si on se sent bloqué sur son chemin de foi, on peut s’approcher de Dieu, toujours plus, apprendre à l’aimer et à aimer les autres et l’on verra sa foi en action: elle permettra à Dieu d’agir, dans de petites ou de grandes choses.

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