Meurtre, sexe et alcool: elle a tout vu!

Difficile de construire sa vie quand on a eu un père atroce, qu’on a enchaîné les cuites et les fugues, et que l’on a vu sa mère morte sur le trottoir. C’est ce qu’a vécu Valentina, jusqu’à ce qu’une rencontre change sa vie… Aujourd’hui âgée de 25 ans, elle raconte

Des réfugiés et un père alcoolique
Valentina et sa famille quittent la Serbie pour la Suisse en 1992. Des réfugiés politiques. A la maison, c'est l’horreur : un père alcoolique qui ne travaille pas et qui ne supporte pas que son épouse, une témoin de Jéhovah, travaille et ne soit pas là pour le servir. Et lui, il dépense l'argent pour s'acheter de l'alcool et aller au casino. «Le peu que ma mère gagnait y passait. Nous nous retrouvions parfois sans nourriture ou à regarder notre père manger», témoigne aujourd’hui Valentina.

Le seul choix, la fuite
Les cris et les bagarres entre le père et la mère terrorisent Valentina, son frère et sa sœur. Les coups partent fréquemment. «Nous avions peur de nous endormir et qu'il nous arrive quelque chose». Terrés dans leur chambre, ils ratent des journées entières d'école. Un jour, en 1998, le père de famille s'endort la bouteille à la main. La mère et ses trois enfants prennent leur courage à deux mains, s’enfuient et trouvent refuge dans un centre d'accueil. Le père est mis à la porte de leur appartement.

Le père revient pour tuer sa femme
«Mon père était plus irrité que jamais», se souvient Valentina. Un jour, il parvient à convaincre le petit frère de le laisser entrer. Les engueulades du couple reprennent de plus belle. Le père s'empare d'un couteau de cuisine et donne des coups à sa femme. Devant la menace, elle saute par la fenêtre du second étage et se tue, sous les yeux de Violetta, la grande sœur de Valentina. Cette dernière, alors chez une copine, entend les sirènes et découvre l’horrible réalité.

Fugues, drogue et hôpital psychiatrique
Le père est arrêté et les trois enfants placés chez des voisins. Là non plus, ce n'est pas le paradis. Les parents ont déjà trois enfants et les nouveaux venus trouvent mal leur place. Valentina fugue à plusieurs reprises. Elle se met à boire, à dormir dans la voiture ou dans la rue. Après avoir passé deux ans dans un foyer, elle rejoint sa sœur. Mais le climat y est malsain : alcool, drogue, fêtes à n'en pas finir, nombreux garçons. Violetta met à la porte sa sœur. Valentina commence alors à l'imiter. Elle attire le regard des gars, fait la fête et se retrouve parfois dans un hôpital psychiatrique lorsqu'elle a «pété un câble».
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Rencontre décisive, mais…
Un jour, le 3 mars 2005, Valentina accompagne une copine au bureau d’une structure d’aide aux jeunes sans boulot ni formation, à Nyon. Lors de la discussion, Jean-Michel Rey, le directeur, se tourne vers Valentina, qui lui raconte tout. Le travailleur social lui propose un petit boulot et une chambre dans une maison d'accueil social qu'il dirige. Pour Valentina, c'est le calvaire d’aller tous les jours au boulot. Insoumise et colérique, elle envoie souvent les autres sur les roses. Le soir, elle continue à sortir ; elle se prend des cuites et des comas éthyliques. Un matin, on la retrouve en petite tenue dans les rues de Genève. Elle se rappelle juste qu'elle est partie en boîte avec une amie et qu'elles ont rencontré un groupe de mecs.

Enfin la vraie libération
Un soir, Jean-Michel Rey l'invite à discuter, l’interroge sur la foi de sa mère et l’invite à l’Eglise. Pour en savoir plus, Valentina s'inscrit aux cours Alpha de découverte de la foi. Elle y rencontre une femme qui deviendra son amie, avec laquelle elle peut parler de tout. En parallèle, elle décide de suivre une cure de désintoxication et d’arrêter de fumer. Sa vie se stabilise. «Mon frère et ma sœur ont été hallucinés de voir comment ma vie a changé», confie-t-elle.
Aujourd'hui, c'est Valentina qui prie pour son frère et sa sœur, convaincue que si Dieu a pu la changer elle, il peut le faire pour eux. Car Dieu, c'est devenu quelqu'un d'important dans sa vie: «Cela vaut la peine de parler à Dieu quand ça ne va pas. Mais il ne faut pas jouer avec lui, car il nous prend au sérieux», précise-t-elle. Aujourd'hui, Valentina est «heureuse d'être en vie, d'avoir un mari et une petite fille». Elle a pris goût à la vie.

Christian Willi

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