«J'étais accro à la pornographie»

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© Alliance Presse

«98% des gars se masturbent et 2% mentent». Voilà ce que Cyrille a découvert: une très grande proportion de mecs sont accros à la pornographie, ou du moins à des images et vidéos érotiques (et les filles ne sont pas forcément épargnées non plus). Longtemps esclave de ces choses, cet étudiant de 19 ans a aujourd’hui réussi à s’en sortir, non sans peine. Il a désormais à cœur d’encourager les autres à mettre un terme à un problème de société qui fait tant de ravages.

«Comme quand on a besoin de sa dose de drogue»
«Quand j’étais ado, j’étais seul chez moi, je m’ennuyais et me sentais mal dans ma peau. C’est là que, pour me sentir mieux, j’ai commencé à regarder des vidéos». C’est si facile, aujourd’hui, de tomber là-dedans! Environ 40% des sites web ont un caractère pornographique, et 200 sites du marché du sexe naissent chaque jour.

Chez Cyrille, ça avait commencé avec des amis qui lui en parlaient et qui lui ont donné l’envie d’assouvir sa curiosité. Premier moyen: les catalogues féminins de mode. «Au début, on n’ose pas trop se lancer, alors on commence par des choses “simples”. Puis on a envie de toujours plus et toujours plus souvent. C’est comme quand on est à accro à la drogue et qu’on a besoin de sa dose».

Des récentes études scientifiques ont démontré que le cerveau devient lui-même dépendant; chez une personne attirée par l’érotisme ou la pornographie, des substances chimiques se créent, qui poussent cette personne à en vouloir toujours plus. C’est une spirale infernale!

Les résolutions, les rechutes et la double vie
Plusieurs fois, Cyrille a décidé de dire stop. En vain. «J’ai dit, par exemple, que j’arrêterais après mon baptême. Mais deux ou trois semaines après, je suis retombé. Et là, je me suis senti tellement coupable!». Idem après un grand rassemblement de jeunes: «J’étais trop motivé à arrêter, mais après trois mois j’ai recommencé peu à peu à voir des images et des vidéos». Au total, plus d’une année de luttes. «Je priais Dieu de m’aider et je saisissais chaque occasion. Mais je retombais, parce que je n’étais pas vraiment accroché à Dieu.»

Cyrille ne ressentait pas de joie dans cette dépendance. «C’est sûr que, sur le moment, ça procure un peu de plaisir. Mais on fond, ça nous détruit». Avec l’impression d’une double vie. «Quand j’étais à l’Eglise et que je devais louer Dieu, je me sentais bloqué et j’avais l’impression que je ne pouvais pas être libre. J’en avais marre de tout et je ne sentais pas heureux. Je voyais des versets qui parlaient de joie quand on est libéré de ses péchés.»

Parler à quelqu’un, ça te libère!
«Un soir, dans mon lit, j’ai commencé à pleurer. Je voulais changer radicalement. J’ai envoyé un sms à un ami et, pendant les vacances, je lui en ai parlé. J’ai pu lâcher prise, c’était incroyable». Après, Cyrille est encore retombé plusieurs fois, mais le premier pas était fait. Il a encore avoué ses luttes à une amie, puis à un pasteur dans un camp de ski, où il a même pu donner son témoignage. Cette fois, c’était bon. «La Bible nous dit que la vérité nous rend libres!», insiste Cyrille.
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«Nous avons souvent trop peur de la réaction des gens si nous leur avouons tout. Mais c’est idiot d’imaginer que les chrétiens puissent nous juger, alors que nous sommes une famille». Depuis, Cyrille a un but: parler de son expérience autour de lui, pour encourager les jeunes à ne pas rester seuls et à oser parler de leurs défis. «Dieu a touché plusieurs par mon témoignage». Et la clé, selon lui, c’est aussi de compter sur les forces de Dieu plutôt que sur ses propres forces. Toujours avec une habitude de la prière.

Une lutte quotidienne
«Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces», insiste 1 Corinthiens 10,13. C’est ce qu’a expérimenté Cyrille: «Depuis que j’en ai parlé à ce camp de ski, en décembre 2010, je ne me suis pas masturbé et ne suis pas retourné sur un site», se réjouit Cyrille, qui reste toutefois plein d’humilité. «Bien sûr, je suis encore tenté. Même sur des sites normaux, des images apparaissent. Où que tu ailles sur internet, tu es tenté. Les médias nous bombardent d’images et nous donnent de fausses représentations des femmes. Et même dans la rue, on peut assimiler certaines filles provocantes à celles que l’on voit dans les vidéos. Mais c’est un processus: au fur et à mesure que je grandirai dans la foi, je serai moins tenté». Il faut juste faire les bons choix quand on est sur internet, conclut Cyrille.

Jérémie Cavin

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