Révolté contre Dieu?

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© Alliance Presse

Une belle histoire!

Tu connais peut-être cette histoire. Une nuit, un homme fit un rêve dans lequel il marchait en compagnie de Jésus sur une plage. A chaque scène, il remarquait une double trace de pas dans le sable, la sienne et celle de Jésus. Quand la dernière image s'effaça, il repensa aux traces de pas et s'aperçut qu'à diverses reprises, le long du sentier, il n'y avait qu'une seule empreinte de pas dans le sable. Cela correspondait aux moments les plus sombres de sa vie. Il s'adressa à Jésus: «Tu avais dit que tu m'accompagnerais tout au long de la route. Mais je constate qu'aux heures les plus pénibles, il n’y a qu’une seule série d'empreintes. Aux moments où j’avais le plus besoin de toi, tu m’as abandonné». Jésus répondit: «Mon enfant, je t'aime et je ne saurais t'abandonner. Aux jours d'épreuves et de souffrances, quand tu ne vois qu'une trace de pas, c'est que je te portais dans mes bras.»

Dans les temps d’épreuve ou de souffrance, la révolte est une réaction courante. Mais est-ce une mauvaise chose d’être révolté? Comment y remédier?

Tapez «révolté contre Dieu» sur un moteur de recherche et les témoignages abondent; des commentaires sont laissés pour dire que d’autres personnes ont vécu les mêmes souffrances et révoltes.
Parfois, nous avons le sentiment que notre obéissance à Dieu méritait une meilleure récompense que la perte d’un travail, la fin d’une amitié forte, un échec amoureux, la maladie ou la mort d’une personne que l’on aime. Le silence relatif de Dieu nous pèse. Dieu se désintéresse-t-il de moi? Est-il injuste, silencieux? Mince, dis quelque chose!

Même dans la Bible…
Nous avons envie de crier comme le psalmiste: «Réveille-toi! Pourquoi dors-tu, Eternel? Réveille-toi, ne nous rejette pas pour toujours! Pourquoi caches-tu ton visage? Pourquoi oublies-tu notre malheur et notre tristesse?» (Ps. 44,24-25). La Bible regorge de personnes fidèles criant vers Dieu leur incompréhension et leur tristesse. Alors si tu souffres et si tu es révolté, tu n’es pas une exception. Savoir cela peut être une source de motivation et t’aider à persévérer dans la foi.

Pourquoi moi?
Cécile, sur le Top Chrétien, écrivait ceci: «Dieu écoute notre colère, il comprend nos questionnements, notre révolte». Il n’est donc pas interdit d’être révolté. Mais le danger est de nous apitoyer sur notre sort et de nous enfermer dans un tunnel sans issue. Ronald Dunn, auteur de Quand le ciel est silencieux (éd. Farel), n’a pas été épargné dans sa vie, puisque son fils aîné s’est suicidé à l’âge de 18 ans. Il a écrit que la question «pourquoi moi?» ne résout rien, puisqu’elle reste généralement sans réponse. Une clé pour empêcher l’apitoiement sur soi est de passer de «pourquoi moi?» à «et maintenant?». «En demandant “et maintenant?”, nous ne nous concentrons plus sur nous-mêmes, mais sur Dieu et sur ce qu’il est capable d’accomplir dans notre vie», malgré la souffrance, la tristesse et l’incompréhension.

La paix est possible
Lorsque Dieu semble distant, c’est parfois nous qui nous éloignons de lui. Notre révolte vient entre autres d’un sentiment d’injustice qui nous anime: nous accusons injustement Dieu d’être responsable de nos malheurs.
Notre révolte peut aussi provenir des imperfections des chrétiens qui nous entourent et qui nous donnent une mauvaise image de Dieu. Ou alors, si nous sommes mal écoutés ou mal conseillés, nous risquons d’envenimer notre révolte. Si tel est ton cas, rappelle-toi que Jésus, lui, est celui qui comprend le mieux ta situation. En effet, c’est lui qui a vécu la plus grande injustice de tous les temps. Ronald Dunn, qui a fait une grave dépression suite au décès de son fils, a écrit: «Plus notre connaissance de Dieu et notre communion avec lui augmentent, plus nous lui faisons confiance. Et plus nous lui faisons confiance, moins nous ressentons le besoin de le comprendre. Et alors, la paix est à notre portée».

Ne débranche pas le courant!
Et maintenant, que vais-je faire de ma révolte? Deux conseils. D’une part, ne t’emmure pas dans le silence par peur d’être incompris ou jugé. Tu as besoin des autres pour t’en sortir. D’autre part, ne coupe pas le contact avec Dieu: il saura te parler et te comprendre. Ce n’est pas parce qu’on ne voit rien, que Dieu est absent. Il continue de te porter dans tes bras. N’oublie pas que c’est dans l’obscurité que l’on voit le mieux briller les étoiles.

Christian Schneeberger

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