6 raisons de passer du temps en famille

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Et vous, que faites-vous en famille?

Jean et Valérie, parents de quatre enfants (25, 14, 12 et 6 ans)
On est parfois tous au potager à planter, arroser… On fait des jeux de société ou d’extérieur, le criquet, les boules... On va se balader, souvent on se retrouve à marcher deux par deux ou trois par trois. C’est l’occasion de discuter autrement que collectivement. L’union se crée par ces moments décontractés en famille.

John et Rachel, parents de trois enfants (8, 5 et 3 ans)
On privilégie les repas en famille. On enlève tous les écrans, y compris ceux de papa. On a une boîte pour tout déposer. Le mieux, c’est de faire des choses simples. On joue avec les enfants, on entre dans leur monde. On ne se prend pas au sérieux. Parfois, on fait du camping à l’intérieur, on monte la tente dans le salon, on met les couettes et les coussins dedans. On s’amuse, on raconte des histoires. On essaye aussi de faire participer les enfants à diverses activités, par exemple en cuisinant ou en jardinant. Par ces moments, des discussions se tissent, on peut partager nos attentes. L’écoute est différente, car les enfants sont plus relax. On en profite pour encourager, on peut les affirmer et découvrir leur avis.

Michel et Valérie, parents de deux enfants (11 et 8 ans)
On va se promener en famille. On fait des jeux vidéo avec les enfants, parce qu’il faut rejoindre leurs centres d’intérêt. Parfois, on va tous soutenir l’activité de l’un et de l’autre, une compétition ou un concert. Lorsque nous faisons des repas de fête, chacun prépare une petite représentation. Matthéo fait une démonstration de musique, Timi du hip-hop. D’ailleurs, parfois nous jouons de la musique en famille. Une activité importante qu’on fait ensemble : prier pour les besoins de chacun et «de famille» et remercier Dieu des exaucements !

Malgré toute la bonne volonté du monde, nous peinons parfois à dégager du temps pour la famille. Est-ce bien utile de faire des efforts dans ce sens? Découvrez sur ce site les autres articles de notre dossier consacré au temps passé en famille.

Lundi, cours de danse pour Sophie. Mardi, dessin pour la maman. Mercredi, basket pour Aurélien et foot pour le papa le même soir. Et ainsi de suite jusqu’à dimanche... pour recommencer déjà une nouvelle semaine le lundi suivant. Et dans tout ça, où se trouve le temps en famille? Voici six bonnes raisons de préserver des moments entre vous.

Du temps pour aimer
«L’amour nécessite d’avoir du temps», affirme Constance Pons, conseillère conjugale et familiale (CCF). Passer du temps ensemble est une manière de dire à son enfant qu’on l’aime. Ainsi, «il se sent exister et sent qu’il a du prix», continue-t-elle. Les mots «je t’aime» ne suffisent pas. Ils ont
besoin d’être accompagnés d’actes.

Du temps pour s’attacher
«Le lien ne se décrète pas, il se construit», écrivent Nathalie le Breton et Marine Vernin, chroniqueuses à l’émission de télé Les Maternelles et auteures de Prendre le temps avec son enfant (éd. de la Martinière). En vivant des moments en famille, votre enfant s’attache pour pouvoir «se détacher sans angoisse puisqu’il saura que vous êtes bien là dans son cœur même quand vous êtes physiquement absent». Puisqu’un jour votre oisillon s’envolera du nid, l’attachement est essentiel pour l’envol, surtout pour un bon atterrissage. Selon la théorie de l’attachement, formalisée par le psychiatre et psychanalyste John Bowlby, la relation est la base pour connaître un développement social et émotionnel normal.

Du temps pour transmettre
La famille est le lieu de transmission par excellence, et ce partage se fait au moins de deux façons. D’une part à travers les discussions. Les repas sont de bonnes occasions. «La conversation à table est un moyen judicieux de lui apprendre à se socialiser, à user de la parole dans le respect de l’autre, par exemple ne pas couper en pleine phrase, ne pas parler la bouche pleine», montrent Nathalie le Breton et Marine Vernin. D’autre part, à travers le jeu. «On apprend des stratégies, à jouer en équipe, seul... C’est aussi l’apprentissage de l’échec pour gérer sa frustration», fait remarquer Constance Pons.
Les moments collectifs permettent également de transmettre les valeurs humaines comme le courage, le goût de l’effort, le pardon notamment. «La famille est le lieu où l’on se dispute, où l’on se réconcilie. Même si l’on n’a pas été extraordinaire, on peut passer par-dessus, se pardonner», note la conseillère conjugale et familiale.

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Du temps pour se confier
Un enfant a besoin de trouver en ses parents des gens auxquels il peut se confier. Dans ce sens, le jeu est un moyen détourné et moins informel que des discussions entre quatre yeux pour aborder les sentiments et la sensibilité de l’enfant. «Plus vous lui donnerez de façons de s’exprimer autrement, plus il pourra exprimer ses émotions sur un autre terrain que la violence», pensent Nicole le Breton et Marine Vernin.

Du temps pour se valoriser
«Si on passe peu de temps ensemble, on peut rarement se dire des choses valorisantes», observe Constance Pons. Etre en famille participe à la construction de la propre estime de votre enfant et de la confiance en lui-même. Discuter et l’écouter parler de ce qu’il aime ou pas, c’est «l’aider à développer sa pensée personnelle». Et de continuer : «En discutant avec lui-même de toutes petites choses, vous lui permettez de faire partie intégrante du monde.»

Du temps pour ne pas se prendre au sérieux
Rigoler, rêver, jouer, imaginer... en famille. «On contrebalance les moments éducatifs “mange, range” par des moments gratuits », apporte Constance Pons. Les deux chroniqueuses complètent : «Jouer avec son enfant, c’est aussi le découvrir autrement, en dehors de son rôle d’enfant à éduquer. Et vice-versa : lui aussi vous voit autrement, en situation autre que celle de maman dans son rôle. Il va vous voir combattre les pirates...»
Constance Pons suggère, finalement, de planifier des créneaux dans nos plannings chargés, «parce que la vie ne les offre pas forcément». Les temps en famille sont aussi des temps individuels avec chacun. Une autre complicité se tisse. «Il n’y a pas moins de joie à s’occuper de sa famille», est-elle convaincue. Les priorités changent, c’est tout ! Mais l’épanouissement est aussi grand que lorsqu’on s’occupe de ses propres activités.

Clélia Gauthier

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