Quand les attentes des époux divergent

Passer du temps en famille, les conjoints sont souvent conscients de cette nécessité. Mais que faire quand l'un met la barre plus haute que l'autre? Découvrez sur ce site les autres articles de notre dossier consacré au temps passé en famille.

Madame tient à passer au moins deux soirées par semaine ainsi que le samedi avec toute sa famille réunie, alors que Monsieur se contente d’une soirée hebdomadaire et de quelques heures le week-end. Ces divergences de vues peuvent susciter certaines tensions. Que faire?
Il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que l’on entend par «temps passé en famille», répond Olivier Brocard, éducateur et directeur d’une institution. «La configuration papa-maman-enfants réunis in extenso n’est pas la seule possible ; une sortie entre un père et son fils, par exemple, a aussi valeur de rencontre familiale». Il ajoute qu’avec les années qui passent et les enfants qui grandissent, mettre la barre trop haute peut engendrer bien des frustrations. Et puis, précise-t-il, «la qualité des rencontres importe aussi». A choisir entre une multitude de rendez-vous familiaux foireux et quelques rencontres de bonne facture...

Gérer les déséquilibres
Si toutefois le désaccord entre les parents demeure, l’un des conjoints devra forcément faire un pas en direction de l’autre. «Il faut rejoindre celui qui désire passer des moments avec toute la famille réunie, trouver des concessions pour rendre ces moments possibles», encourage Olivier Brocard. L’éducateur voit cependant différents cas de figure. Dans certaines situations, l’un des conjoints a «objectivement trop de choses entre son travail, ses différents engagements et ses loisirs. C’est l’équilibre familial, conjugal et personnel qui en pâtit. Il faut alors peut-être revoir certains engagements extérieurs». Mais il arrive aussi que le partenaire trop occupé le soit momentanément seulement, par exemple parce qu’il est investi dans un projet qui lui tient très à cœur. C’est alors peut-être au conjoint qui se sent lésé de «cheminer, de se dire que c’est une saison particulière dans la vie de famille, où l’autre est moins disponible pour un temps mais que, par amour pour lui, on est prêt à ce que le couple et la famille soient moins au centre», soutient Olivier Brocard. «C’est une question d’équilibre, comme toujours». Et il faut parfois tolérer des «déséquilibres temporaires». Cela peut devenir problématique, ajoute l’éducateur, «si c’est toujours le même conjoint qui a des projets qui l’éloignent de la famille et que l’autre doit systématiquement compenser».
Le mot d’ordre est peut-être celui-ci : l’altruisme. Olivier Brocard invite à ce que les deux conjoints cultivent l’amour et l’altruisme, et avancent ensemble avec bienveillance. «Mais ça s’apprend, ça ne tombe pas du ciel...»

Jérémie Cavin

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