S’il ne parle pas encore comme un livre, pas de panique!

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Les parents peuvent se mettre la pression si leur enfant semble lent à bien parler. Quels sont les signes qui peuvent rendre nécessaire de consulter un spécialiste?

Les parents ont vite fait de se poser des questions si leur enfant ne connaît pas autant de mots que le petit voisin. Mais comparaison n’est pas raison. «Un tout-petit qui manifeste ses besoins et ses intentions par des “cris”, des vocalises, des regards, des gestes (pointer avec le doigt pour montrer ce qu’il veut) puis des mots est un enfant qui a envie de communiquer», assure au préalable l’orthophoniste Danielle Faggioni. Lorsque le langage se développe normalement, l’enfant utilise de plus en plus de sons, de syllabes, de mots, puis commence à accoler deux mots pour faire ses premières phrases. Sa parole va ainsi s’étoffer. Mais pour communiquer, l’enfant doit aussi avoir une bonne audition, savoir tenir compte de l’autre, être dans l’échange («à chacun son tour»). Tous ces éléments sont des prérequis à l’acquisition du langage.
«Pour apprendre à parler, un enfant a besoin d’être entouré de gens qui partagent du langage avec lui, autrement dit, qui lui parlent de manière adaptée», soutient l’orthophoniste. Cela commence par répondre à ses sollicitations, s’intéresser à ce qu’il fait, ce qu’il regarde, ce qu’il montre et nommer les choses. Partager du langage, c’est passer du temps avec son enfant dans le quotidien, autour de moments (le bain, les repas...), de petits jeux (jeu du coucou), d’activités, comme réciter des comptines. C’est aussi lire un livre, chanter une chanson, raconter une histoire. Pour la spécialiste, «offrir du langage à son enfant gratuitement, sans rien lui demander en retour et sans être parasité par toutes sortes de sollicitations extérieures, c’est le meilleur moyen de l’aider à apprendre à parler !»

Plusieurs signes à détecter
Quels indices devraient amener les parents à consulter? «Lorsqu’un enfant de trois ans ne dit que quelques mots, qu’il n’associe pas encore deux ou plusieurs mots pour faire une phrase ou lorsqu’on a beaucoup de mal à le comprendre», répond Danielle Faggioni. Vers quatre ans, un enfant qui peine à raconter un petit événement utilise un vocabulaire restreint, des phrases très courtes ou mal construites devrait aussi être vu par un spécialiste. Si le langage de l’enfant de cinq ans est bien constitué, mais qu’il prononce encore difficilement certains sons, une consultation peut s’avérer également utile. Elle permet de déterminer quels sons sont problématiques, de voir le degré de «gravité», d’évaluer si les difficultés touchent aussi d’autres domaines du langage, etc.
Au cours du développement du langage, des phases de bégaiement peuvent apparaître. «Elles sont la manifestation, généralement, d’une certaine fragilité», précise l’orthophoniste. Si ces phases sont souvent transitoires, le bégaiement peut parfois aussi s’installer. Consulter un spécialiste dans la prise en charge du bégaiement est alors nécessaire pour en comprendre la cause et savoir comment aider au mieux l’enfant.

Sandrine Roulet

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