Même pas peur des animaux!

S’il a été mordu?

Si l’enfant s’est fait mordre une fois et que depuis il a peur, comment l’aider à s’en remettre? Pour Jacqueline Girard-Frésard, la première étape est de reconstituer le contexte afin que l’enfant puisse comprendre ce qui a mené à l’agression : par exemple, l’approche du bambin a été trop brutale et le chien a eu peur. Cette explication peut rassurer l’enfant à qui l’on pourrait affirmer que le chien a aussi eu peur de lui. Ou alors expliquer qu’il s’agissait d’un chien dangereux «mais que tous les chiens ne sont pas ainsi».
Selon Stéphane Clerget, les peurs des animaux se dissipent peu à peu après trois ans. Au- delà, en cas de peur persistante, voire de phobie (dans la phobie, la peur est présente même en l’absence de l’animal), «parlez-en avec l’enfant, invitez-le à dessiner l’animal, montrez-lui des photos et vidéos avant de lui faire rencontrer l’animal à distance puis plus près». Cette première étape se fait progressivement. Si la situation est plus complexe, il est bon de voir un spécialiste.

Lorsqu’il voit un chien, votre enfant court se réfugier dans vos jambes? Comment l’aider à surmonter sa peur des canidés ou d’autres animaux?

«La peur est nécessaire et normale», annonce d’emblée Jacqueline Girard-Frésard, psychologue pour enfants et adultes, auteure de Les peurs des enfants (éd. Odile Jacob). Cette réaction est un signal protecteur : «Un enfant qui n’a pas peur est en danger». Stéphane Clerget, pédopsychiatre auteur de Le pédopsy de poche (éd. Poche Marabout), ajoute que la peur des animaux fait partie du développement normal des enfants jusqu’à 3 ans. Mais vous pouvez l’aider à la surmonter, d’abord en entretenant un discours positif sur l’animal qui suscite la crainte : il n’y a pas plus contagieux qu’un parent anxieux.
L’expérience émotionnelle est importante. «Se rapprocher d’un chien connu, que nous savons inoffensif, peut débloquer certaines situations», note Jacqueline Girard-Frésard. Pour cela, apprenez à l’enfant à s’approcher de l’animal. Une approche trop brusque pourrait l’effrayer, il risquerait d’aboyer, mordre ou griffer. Et le résultat n’en serait que pire.
Avec le chien, montrez par exemple à votre enfant comment il peut placer doucement sa main devant sa truffe afin de sentir l’odeur de l’enfant. Après seulement, caresser la tête. Comme les enfants sont parfois plus réticents à caresser la tête d’un chien, car il bouge ou lèche, un enfant a souvent plus de facilité à toucher le dos de l’animal. Mais ne le forcez pas à le caresser s’il n’en a pas envie. Le tout est d’offrir un cadre sécurisant : l’enfant doit expérimenter le monde tout en étant protégé par le parent. Ne le grondez pas et ne vous moquez pas de lui.
Le pouvoir narratif est aussi valorisé par les spécialistes : «Racontez-lui des histoires dans lesquelles le héros est un animal et triomphe», conseille Stéphane Clerget. Le dialogue est de mise. «Encouragez votre enfant à exprimer ses peurs sans qu’il craigne d’être ridicule, verbalement, en dessin ou avec des jouets afin de les maîtriser mentalement.»

Joëlle Misson

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