Il est impliqué dans des bagarres avec ses copains

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Pas facile de savoir comment réagir si votre enfant est l’auteur ou la victime de bagarres ou de «persécutions» dans ses relations avec ses copains.

Yann se faisait systématiquement taper dessus par un «copain» sur le chemin de l’école, sans réagir. Un jour, il l’a empoigné propre en ordre. Depuis, son camarade l’a laissé tranquille et ils ont même fini par devenir amis. Il arrive que nos enfants, impliqués dans des échauffourées, arrivent très bien à régler leurs problèmes tout seuls. Mais dans d’autres cas, une intervention des parents s’impose.

Si votre enfant est le persécuteur...
Vous apprenez que votre enfant martyrise régulièrement un de ses camarades de classe. Que faire? «Un enfant doit apprendre la frustration et réaliser qu’il n’est pas omnipotent. Cela implique notamment d’apprendre le partage», remarque la psychologue Jacqueline Girard-Frésard. Pourquoi ne pas essayer de comprendre la raison pour laquelle votre progéniture ressent le besoin de taper? Les punitions ne sont pas à prescrire, mais l’enfant doit comprendre pour quelle raison il est puni, sans quoi il en ressortira encore plus frustré. «Il est important d’expliquer à l’enfant que si l’on n’est pas satisfait d’une situation, on ne tape pas mais on parle.»
La psychologue préconise une solution qui porte ses fruits : inviter l’autre enfant à partager un goûter à la maison, ou ailleurs. La présence des parents peut être bénéfique et rassurante pour le petit trublion. «Au travers de cet acte, il s’agit de pousser les enfants à créer des liens autres que la rivalité. Si les enfants apprennent à se connaître, au lieu de se taper dessus, cela peut diluer le problème.»

Quand il est le bouc émissaire
Dans le cas où votre enfant est le bouc émissaire d’un camarade, la relation à l’autre enfant peut être difficile à gérer. Si j’assiste à une scène, dois-je gronder l’enfant qui tape le mien? Il ne faut en tout cas pas hésiter à s’adresser à lui pour lui apprendre que ce n’est pas ainsi que les problèmes se règlent, défend Jacqueline Girard-Frésard.
Et comment puis-je répondre à mon enfant? Nous voudrions secrètement lui dire : «Défends-toi, tape-le !». Mais raisonnablement, nous ne voulons pas encourager notre enfant à la violence. Jacqueline Girard-Frésard explique : «Il est important de reconnaître face à son enfant qu’il n’a pas à se laisser taper, et de lui apprendre à réagir de la bonne manière». Une de ces solutions est de l’encourager à se rendre auprès de l’adulte le plus proche (par exemple la maîtresse d’école). Encourager l’estime personnelle et la confiance en soi de l’enfant lui permettra en outre de se défendre et d’agir. Sans forcément recourir à la violence.
Et si la situation est vraiment problématique à l’école, une discussion avec la maîtresse s’impose. Celle-ci doit se porter garante du bien-être et de la sécurité de ses élèves. Nous pouvons mettre toutes les chances du côté de notre enfant en allant le chercher à l’école ou en évitant les situations qui lui provoqueraient les railleries de ses camarades. L’intervention d’un médiateur scolaire peut s’avérer utile. Si la situation est invivable, il faut songer à changer de classe ou d’école.

Joëlle Misson

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