La sexualité, le sujet tabou le plus important

image: La sexualité, le sujet tabou le plus important
© Alliance Presse

La sexualité est parfois un sujet tabou dans les familles. Pourtant, il est essentiel que le père de famille aborde les questions qui y sont liées avec ses fils, dès la préadolescence.

Vous découvrez une image de femme dénudée sur un écran que votre fils regarde... Et vous vous dites : «C’est vraiment le dernier moment pour parler sexualité avec mon fils !». Toutefois, vous le convoquez de façon solennelle : «Mon fils, il faut qu’on parle tous les deux de sexualité». Et lui vous répond : «Non, ça me gêne de causer de ça avec toi !»

Trop tard?
Pour Christian Sollberger, pasteur, père de quatre enfants et accompagnateur familial, c’est bien avant la puberté que le père de famille devrait préparer le terrain avec son ou ses fils : «Il s’agit de construire un pont relationnel, une confiance qui favorise le dialogue dans différents domaines. Convoquer son fils “dans son bureau” pour une discussion sérieuse lorsqu’il y a urgence n’est jamais très prometteur.»
Lui-même saisit toutes les occasions pour évoquer l’idéal du couple et de la sexualité auquel lui et sa femme sont attachés. Par exemple, lorsqu’un article de presse évoque «le porno dans les préaux d’école, ou que les campagnes de prévention du sida mettent en scène des couples dans des positions sexuelles assez explicites sur de grandes affiches publiques». Christian Sollberger n’hésite pas d’en parler en famille, devant tout le monde, ou en tête-à-tête avec son fils.
Le père de famille ne craint pas non plus de dire ce qu’il a vécu étant adolescent, de parler du regard qu’il posait sur les filles et de la façon dont celui-ci a évolué. «Je ne cherche pas à imposer des attentes disproportionnées à mon fils. Mais je fais en sorte que le dialogue se poursuive au fil des ans, sur cette question comme sur tant d’autres.»

Il faut du cran
Est-il facile de parler de sexualité avec son fils? Christian Sollberger répond sans hésiter que tel n’est pas le cas. «Il y a une barrière intérieure naturelle et c’est tant mieux. C’est elle qui protège de l’inceste. Il faut donc un peu de cran pour se lancer sur le sujet.»
Et d’ajouter que dans sa famille, ils ont choisi pour leurs quatre enfants un couple référent : «A douze ans, nous leur avons demandé de choisir un couple, qui pourrait les accompagner jusqu’à dix-huit ans. Nous espérons que notre fils parlera sexualité, relations filles-gars et images de sexe avec lui. Pour qu’il puisse peut-être en parler plus librement qu’avec moi.»
Christian Sollberger est conscient de la chance qu’il a d’avoir eu d’abord trois filles. Avec elles, il est régulièrement question des fréquentations avec les gars lors des discussions en famille. «Du coup, mon fils entend des informations, des échanges de points de vue. Du coup aussi, il prend un peu d’avance et nous pouvons revenir plus naturellement sur cette question ensemble.»
Mais quoi qu’il en soit, il juge essentiel qu’un père de famille en parle avec son fils. Et ce même s’il s’y peut-être pris trop tard...

Christian Willi

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°