Etre grand-père, mais aussi père et fils

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Les grands-parents ont plusieurs «casquettes» (grands-parents, parents et enfants), qui impliquent chacune un rôle défini. Comment bien vivre ces interactions générationnelles?

Les grands-parents ont tout pour s’épanouir. Ils ont un agenda souple et sont pour beaucoup encore en bonne santé. Surtout, ils ont la possibilité de partager avec leurs petits-enfants uniquement les moments agréables, sans avoir à faire preuve d’autorité. Avant d’être grands-parents, ils ont été parents, ont pu analyser leurs erreurs et en tirer des conclusions. Ils peuvent désormais devenir moins exigeants avec leurs petits-enfants. D’ailleurs, les petits-enfants savent que le temps qu’ils passent chez leurs grands-parents sera différent de celui qu’ils vivront à la maison avec leurs parents. Et ils sont contents de pouvoir vivre ces deux relations tellement importantes pour leur vision de la famille et leur équilibre.

Une saine collaboration entre parents et grands-parents
Cependant, derrière ces bons côtés, les grands-parents ont aussi à adapter leurs relations avec leurs enfants, veillant à ne plus les considérer simplement dans leur rôle d’enfants, mais dans celui de parents de leurs enfants. Pour pouvoir vivre au mieux des relations justes, où les grands-parents restent à leur place sans endosser la casquette de parents, il importe de rechercher une valeur-clé : honorer l’autre. Sinon, le risque existe que les parents se sentent considérés comme s’ils étaient devenus les frères et sœurs de leurs propres enfants. J’ai pu rencontrer des parents ne supportant pas la relation des grands-parents avec leurs petits-enfants, ces derniers se confiant plus facilement à eux qu’à leurs propres parents. Une situation qui peut créer des rivalités et des jalousies.
Les grands-parents ne sont pas des parents. Il doivent garder à l’esprit que c’est à ces derniers qu’incombe la tâche d’éducation. Peut-être est-ce parfois à eux d’inviter leurs enfants à redéfinir les rôles respectifs, notamment à préciser celui des grands-parents. Par contre, les grands-parents peuvent faire office de soutien des parents, qui ont eux-mêmes fixé les repères, les limites. Il m’arrive de dire a mon petit-fils : «Ne fais pas ceci, car papa ne veut pas». Il sait ainsi que je valide les repères donnés par ses parents. Jamais, avec mon épouse, nous ne nous permettrions de contredire ce que nos enfants diraient à nos petits-enfants. Finalement, il est bon de jouer la complémentarité. Les grands-parents ont ce rôle de confident de leurs petits-enfants, si important pour les pré-ados. Ils peuvent retransmettre l’histoire de la famille et beaucoup d’autres choses que l’on n’apprend pas à l’école.
Clarifier les rôles est nécessaire. Ce que nous avons fait avec chacun de nos enfants : «Dites-nous lorsque vous avez besoin de nous, nous ferons le maximum». C’est alors un réel plaisir de voir l’un de nos enfants arriver avec son enfant et nous demander de le garder.

Du respect pour les aînés
Les grands-parents, en plus d’avoir des enfants et petits-enfants, ont souvent des parents encore en vie. Il est primordial de les honorer. La façon dont nous agissons avec eux est exposée à nos enfants et nos petits-enfants. Nous avons quant à nous beaucoup de plaisir à nous rendre chez nos parents avec nos petits-enfants et de nous retrouver entre quatre générations. Mon épouse et moi avons décidé d’être vraiment présents, de les visiter régulièrement, de les écouter, d’être disponibles pour leur rendre service, bref de leur démontrer l’amour dont ils ont besoin. Le titre d’une chanson de François Valéry résume bien ce que devraient être les relations entre générations : «Aimons-nous vivants.»

Jean-Claude Buis est conférencier, auteur et coach familial

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