Mon Smartphone n’est pas propre

image: Mon Smartphone n’est pas propre
© Alliance Presse

Ce que je peux faire

Si Just4U te raconte tout ça, ce n’est pas pour te pousser à renoncer à la technologie du 21e siècle et te faire retourner au papier à lettres, mais pour te montrer que tu peux agir à trois niveaux.

1. Quelles habitudes de consommation?
As-tu réellement besoin de changer aussi régulièrement d’appareil? Avant de le jeter, on pourrait commencer par le faire réparer. Dans ce sens, le projet Ara s’apprête à produire des smartphones modulaires, composés de blocs qui ont chacun une fonction: cela permet de changer une pièce sans devoir jeter tout le téléphone. Idem pour le Puzzlephone qui, en outre, garantit une durée de vie de dix ans pour l’écran LCD. Tu peux donc privilégier l’achat d’appareils de qualité, réparables, et te renseigner avant sur leur fabrication.

2. Acheter responsable
Une étude a été faite par deux associations chrétiennes en 2014. Elles ont classé selon trois critères éthiques les fabricants de smartphones: le droit du travail, la protection de l’environnement et la responsabilité dans l’achat des minerais. Il existe plusieurs téléphones qui respectent ces critères. Le Fairphone garantit qu’il ne contient aucun «minerai de sang», qu’il est fait pour durer plus longtemps, qu’on peut le réparer plus facilement, que les employés ne sont pas exploités, etc.

3. Sensibilise ton entourage
Témoigne de cette triste réalité autour de toi. La plupart de tes amis n’en sont sûrement même pas conscients. C’est ensemble que nous pouvons faire changer les choses, pas en restant chacun de notre côté.

Mon smartphone… d’où vient-il? Qui le fait? De quoi est-il fait? Et si nous partions à la découverte de cette «partie de notre corps», de ce «prolongement de nous-mêmes»?

1. Fabrication parfois douteuse
Trop souvent, les smartphones sont fabriqués dans des pays en voie de développement (surtout asiatiques) où les salaires n’ont pas besoin d’être élevés. Les multinationales réduisent ainsi leurs coûts de production. Là-bas, les conditions de travail sont souvent inhumaines: horaires épuisants, manipulation de produits toxiques, exploitation de jeunes enfants, etc. Si l’on prend les smartphones d’Apple, par exemple: les travailleurs touchent 1% du prix, alors que la marque empoche jusqu’à 50% de bénéfices.

2. Pas très bon pour l’environnement
Ces dernières années, le marché des smartphones a grimpé en flèche, boostant l’exploitation d’une quarantaine de matériaux. Conséquences? Appauvrissement des sols, traumatisme de certains écosystèmes et pollution. De plus, la plupart des matériaux constituant un smartphone sont rares et non renouvelables. Bien qu’il contienne plus d’un millier de composants, un smartphone est composé en grande partie de matière plastique. Le reste, c’est des métaux de toutes sortes: carbone, aluminium, nickel, zinc, etc.
Un chiffre encore: 720 millions de téléphones portables sont jetés chaque année dans le monde, souvent alors qu’ils n’ont été utilisés que quelques mois.

3. Un soutien indirect à des guerres?
Les minerais utilisés pour la fabrication de smartphones amènent un autre grand défi: leur commerce finance la guerre. En effet, ces métaux précieux proviennent souvent de pays instables politiquement, comme la République démocratique du Congo. Des Etats ou groupes rebelles utilisent l’argent des matières premières dans le but de financer de sanglants conflits. Parfois, les «seigneurs de guerre» tuent ou violent pour chasser les populations et voler leurs terres contre les minerais.

Par Gaëlle Monayron

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°