Quel rêve compte le plus pour toi?

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© Alliance Presse

Des Etats-Unis à la gare SNCF en passant par Lausanne, une installation te permet d’exprimer ton vœu le plus cher.

La question t’est forcément un jour ou l’autre passée par la tête, sans que tu ne t’y arrêtes vraiment: si tu devais mourir demain, quel rêve souhaiterais-tu réaliser à tout prix? Nous avons tous des millions de projets et de rêves, des plus anodins aux moins réalistes. Mais si tes jours étaient comptés, lequel t’importerait vraiment?

Des Etats-Unis à la gare SNCF de Lyon en passant par les quais de Lausanne, un tableau noir géant permet aux passant d’exprimer le vœu qui leur tient le plus à cœur. Sous le titre «Before I die», ces murs à rêves invite surtout à découvrir ce qui compte vraiment à nos yeux. L'idée est née aux Etats-Unis, en 2011. Après la perte d’un proche et une profonde dépression, l’artiste Candy Chang imagine cette installation éphémère sur les murs d’une maison de son quartier laissée à l’abandon. Le lendemain, le tableau était déjà rempli de rêves et d’engagements écrits à la craie par des passants anonymes.

Des States à Lausanne
Le concept a séduit trois jeunes Lausannois, au point de leur donner envie de poursuivre l’aventure dans leur propre ville. «Qu’est-ce qui m’importe réellement? Qu’est-ce que je veux absolument découvrir, tester, accomplir? Nous avons réalisé à quel point on oublie d’y penser», raconte Hugo, l’un des trois jeunes Lausannois. Penser à sa mort, n’est-ce pas une préoccupation de vieux? «Il n’y a pas d’âge pour rêver et se projeter dans l’avenir», rétorque Hugo. Aussitôt dit, aussitôt fait... 200 heures de travail et 2000 francs de frais plus tard, l’installation a été déployée au bord du lac, le 4 juin dernier et ce pour tout un mois. Hugo, Camille et Raphaël ainsi qu’une quinzaine d’amis ont assuré une présence régulière.

Succès immédiat
Comme ailleurs dans le monde, l’engouement a été immédiat. «Dès le premier jour de vie du mur, les 30m2 d’ardoise étaient quasi saturés de rêves de craies de toutes les couleurs. Par dizaines, de tous horizons et de tous âges, ils s’étaient arrêtés pour rêver, discuter, sourire, partager. De nombreux passants se sont mis à parler ensemble de ce qu’ils voulaient accomplir avant leur mort», raconte Hugo.

Avec ses amis, ils ont dû effacer le mur tous les deux jours pour laisser la place à de nouveaux rêves. L’un d’entre eux a marqué tout particulièrement le Lausannois: «Une jeune femme en voyage en Suisse est restée cinq minutes devant le mur, avant de nous dire: “Je reviens dans un moment, je dois y réfléchir.” Après une courte balade, elle a pris une craie et a écrit: avant de mourir je veux... arrêter de m’en vouloir.» A l’instar de cette passante anonyme, peu de rêves matériels ont en effet été postés sur le mur. Mais une majorité relevait d’envies de voyage, du désir d’un monde meilleur, de la dure acceptation de soi ou encore de la famille et de la relation aux autres. Plusieurs ont également émis des souhaits liés au renforcement de leur foi, comme «mémoriser la Bible» ou «que le monde reconnaisse son Créateur». Et toi, qu’écrirais-tu?

Et puis: aurais-tu aussi envie de prendre part à l'aventure? Si oui, Hugo et ses amis te prêtent volontiers leur infrastructure pour que tu puisses l'installer dans ta région. Avis aux amateurs!

Par Anne-Sylvie Sprenger

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