La tyrannie du bien-être

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Toujours s’offrir les dernières nouveautés, vouloir nager dans le confort… C’est sympa. Mais encore?

Aujourd’hui, le confort de vie ne cesse de s’améliorer, au point où il devient difficile de différencier ce dernier du luxe. Il suffit d’allumer la TV et de tomber sur une page de publicité (pas difficile, me diras-tu) pour voir à quel point le bien-être est présenté comme un droit fondamental, même plus, comme une nécessité. «Mais ma chère, vous faites encore vos pâtes à gâteau à la main? Moi, depuis que j’utilise Mixator 2000, je n’ai plus qu’à enfourner! Fini les interminables mélanges, le fouet qui vous donne des crampes. Avec ses 18 fonctions...» Tu connais la rengaine.

Mais qu’est-ce qu’il y a de mal à chercher le confort, surtout lorsqu’il est si accessible et si généralisé? Eh bien, la question c’est de se demander si cela ne nous fait pas perdre de vue la valeur des choses... A force de ne plus avoir à faire d’efforts, on finit par dénigrer tout ce qui nous en demande. Un téléphone n’est plus assez performant, on achète le suivant. Mais cette mentalité de consommation pose de nombreux problèmes.

Il faut persévérer!
Il y a certaines choses qui demandent un entretien permanent, des efforts de tous les jours et qui sont trop importantes pour être balayées d’un revers de main lorsque la frustration est trop grande. Une relation, par exemple, peut connaître des hauts et des bas, mais pour la vivre pleinement, il faut accepter de passer par les deux. Si tu quittes ta petite amie ou ton petit ami dès que les choses se compliquent, tu ne pourras jamais savoir tout ce que vous auriez peut-être réussi à surmonter, et la puissance d’une relation où l’on combat côte à côte plutôt que l’un contre l’autre.

C’est la même chose pour la foi! Ta relation avec Dieu ne se forge pas seulement lorsque tu loues Dieu à l’Eglise, ou que la prière te vient naturellement aux lèvres suite à une expérience particulièrement heureuse. Elle se travaille aussi dans les moments de doute, de solitude, même ces moments terrifiants où tu te demandes si Dieu est vraiment là... On a tendance à voir l’effort et la difficulté comme des signes avant-coureurs de l’échec ou d’un «sans issue», mais dans le cas de la foi, comme dans beaucoup d’autres, ce sont au contraire dans ces moments que l’on est le plus forgé. (C’est d’ailleurs dans le feu et sous les coups de marteau que sont faites les épées les plus redoutables...)

J’ai achevé la course
Et si l’on en finissait avec cette tyrannie du bien-être qui nous désarme lorsque des temps plus durs se présentent? Parfois, il faut savoir arrêter de fuir devant le mal-être, car ce faisant, on ne fait que lui céder encore plus de terrain! Eviter les problèmes ne réglera pas la situation, au contraire, on ne se retrouvera ensuite que plus incompétent face à eux. Apprenons à accepter les difficultés, pour pouvoir ensuite mieux les dépasser et pouvoir dire, à l’image de Paul: «J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi» (2 Tim. 4, 7).

Caroline Martin

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