Pour mieux s’attacher à Dieu, comprendre son style relationnel

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S’attacher à Dieu, le connaître comme un havre sûr aussi bien dans les bons moments que dans les mauvais, chaque chrétien le désire. Mais dans la pratique, plusieurs obstacles se dressent entre nous et lui. Le principal est le péché, qui nous enveloppe si facilement (Héb. 12, 1) puis la tendance à combler notre vide intérieur par une autre personne ou chose que lui. Mais notre style relationnel entre aussi en ligne de compte dans notre manière de vivre notre relation à Dieu.

Dans «L’Attachement à Dieu» (éd. Ourania), les thérapeutes Tim Clinton et Joshua Straub avancent que la façon dont on s’est attaché à nos parents (ou figures parentales) dans notre prime enfance influence toutes nos relations, dont celle à Dieu. «Au fil du temps, les enfants intègrent les expériences qu’ils font au contact de ceux qui s’occupent d’eux, de telle sorte qu’elles forment un modèle de perception et de fonctionnement interne, qui guidera plus tard leurs relations en dehors du contexte familial». Instinctivement, les deux questions auxquelles chacun cherche des réponses sont: «Suis-je digne d’être aimé?» et «les autres sont-ils capables de m’aimer?».
Les thérapeutes affirment que si notre figure parentale s’est montrée fiable et disponible pendant les périodes de stress, nous développons des convictions positives quant à notre valeur intrinsèque: «Je suis digne d’amour et capable de gagner l’amour et le soutien des autres dans les moments de stress émotionnel». Ces convictions de base sont encodées dans le cerveau en tant que souvenirs implicites.

Quatre styles d’attachement
Devenus adultes, nos convictions relationnelles sont basées sur la perception que l’on a de soi et celle qu’on a des autres. Tim Clinton et Joshua Straub parlent d’attachement sécurisé chez les personnes ayant une opinion positive d’elle-mêmes et des autres. Se sentant dignes d’amour et sûres du soutien des autres, elles sont à l’aise autant dans la proximité que dans l’indépendance. L’attachement anxieux est caractérisé par une vision négative de soi-même et une opinion trop positive des autres. «Ces personnes ont une peur malsaine de l’abandon, car elles ne se croient pas dignes d’amour». Au contraire, on parle d’attachement distant pour ceux qui ont une vision trop positive d’eux-mêmes et négative des autres. Mal à l’aise avec la proximité, ils ont tendance à être très autonomes et à ne compter que sur eux-mêmes. L’attachement craintif, lui, est défini par une image négative autant de soi que des autres et un niveau élevé tant d’anxiété que d’évitement.

Quel impact sur notre relation à Dieu?
Selon Tim Clinton et Joshua Straub, les personnes au style sécurisé supposent naturellement que Dieu, la figure d’autorité suprême de l’univers, est encore plus aimant, puissant et réconfortant que leurs parents. «Elles ne sont pas surprises ni irritées quand Dieu semble ne pas les protéger de tout mal et ne leur donne pas tout ce qu’elles veulent». Alors que celles au style anxieux se sentent désécurisées dans leur relation à lui: elles le cherchent activement et espérent en faire assez pour gagner son approbation. Quand elles ne se sentent plus reliées à lui, elles se demandent quel est leur problème et redoublent d’efforts. «Ceux qui ont développé un style d’attachement distant ont tendance à être reconnaissants pour les faits relatifs à leur salut mais se concentrent beaucoup plus sur leurs devoirs de chrétiens que sur la relation qu’ils entretiennent avec Dieu», notent les thérapeutes. Lorsque leur entourage exprime un niveau émotionnel élevé, ils se sentent mal à l’aise. Et dans les difficultés, ils se demandent si Dieu est vraiment capable de les aimer, tant il semble lointain. Ayant grandi dans un contexte dysfonctionnel ou abusif, les personnes au style craintif ont une relation ambiguë envers Dieu. «Tout chez le craintif déclare: je veux avoir une relation avec toi: approche-toi de moi! Mais je ne te fais pas confiance, éloigne-toi de moi!».

Période de rééducation
Comment développer un lien profond avec Dieu si notre style est anxieux, distant ou craintif? «Le chemin de la relation à Dieu implique une descente au cœur de nos blessures, de nos perceptions erronées, de nos tendances compulsives au contrôle», détaillent Tim Clinton et Joshua Straub. Tout en ajoutant que la guérison émotionnelle et spirituelle nécessite temps, volonté et confiance et s’apparente davantage à une «période de rééducation qu’à une opération chirurgicale».
Alors que les anxieux devront intégrer l’amour inconditionnel de Dieu (pas besoin de gagner son approbation), les distants ont besoin de revoir leur opinion trop élevée d’eux-mêmes et leur tendance à compter sur leurs seules capacités: «Parler de leurs sentiments réels pourrait être la meilleure décision qu’ils puissent prendre en vue de l’intimité avec Dieu», notent les auteurs. «Pour les craintifs, trouver la sécurité dans la relation avec Dieu implique d’avoir à leurs côtés une personne qui représente les bras sécurisants du Christ, qui démontre la chaleur de son affection et qui communique la grâce». Avec cette espérance: bientôt, ceux qui étaient anxieux, distants et craintifs commenceront à communiquer amour, force et sécurité à d’autres personnes en souffrance.

Sandrine Roulet

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