La dépression des pasteurs

«Aimer Jésus ne guérit pas toujours les pensées suicidaires. La dépression. Le syndrome du stress post-traumatique. L’anxiété. En revanche, il nous offre toujours la compagnie et le réconfort.» Voici les mots twittés par le pasteur américain Jarrid Wilson, le 9 septembre au soir, juste avant qu'il ne s'ôte la vie, à l'âge de 30 ans.
Ce mari et père de deux enfants, pasteur associé de la mega-Eglise Harvest Christian Fellowship à Riverside, en Californie, ne cachait pas ses luttes intérieures. Il était également connu comme cofondateur d’une association d'aide aux personnes en proie à des idées suicidaires.
Ce décès n’est pas sans rappeler celui d’un autre jeune pasteur de méga-Eglise californienne, à l’été 2018. Andrew Stoecklein s'était donné la mort quelques jours après avoir fait état, dans une prédication, de ses luttes avec la maladie mentale.
Ces tragédies, loin de faits divers, devraient avoir un effet semblable au fait de soulever le couvercle d'une marmite sous pression: à des degrés divers, des milliers de pasteurs dans le monde et toutes dénominations confondues vivent en ce moment de tels tourments.
La dépression peut être manifeste. Mais bien souvent, celle-ci est latente, sinon enfouie; rares sont les bergers qui admettent leur problème, même à eux-mêmes. Pourquoi? Parce que c’est se livrer, se mettre à nu, peut-être s’humilier, peut-être perdre sa position, trahir la cause ou que sais-je. Brisons le tabou!
Il y a trop de pression sur les pasteurs.
Les phrases toutes faites, les encouragements maladroits et autres versets «magiques» ne changent généralement rien. Il faut se poser les vraies questions.
Qui sont les pasteurs des pasteurs, les bergers des bergers? Le Seigneur lui-même? Je doute que ce soit la réponse attendue par un pasteur en proie au surmenage, à la dépression ou à d'autres troubles mentaux. Celui-ci a besoin d’être entouré et accompagné pour que cette vérité du divin berger lui redevienne tangible et efficace.
Trop souvent seul au front, le pasteur nécessite en effet le soutien de ses proches et de son Eglise, indique David Murray dans son livre Reset!. Parfois, ce dont il a besoin, c’est simplement de l'indulgence, de la grâce et du repos.

David Métreau, rédacteur en chef

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