Un réel marché se développe

image: Un réel marché se développe
© DR
Jésus l’enquête, Le cœur de l’homme, La voix du pardon et tout récemment Interview avec Dieu (photo): ces films à message chrétien ont trouvé une audience dans les salles françaises et romandes depuis 2014, grâce à Saje Distribution.

Un genre sorti de l’anonymat
Depuis Cristero, premier film de sa société de production, sorti en 2014, Hubert de Torcy observe une évolution dans la façon dont est perçu le cinéma chrétien: «A l’époque, je crois pouvoir dire qu’il était considéré comme un obscur sous-genre. Cinq ans plus tard, nous n’avons toujours pas pignon sur rue, mais nous sommes devenus une authentique niche marketing reconnue par les professionnels.» Les exploitants ou distributeurs n’hésitent pas à confier à Saje les films d’inspiration chrétienne qui arrivent dans leur catalogue. Le directeur se réjouit d’avoir pu travailler avec Metropolitan, Sony ou Universal sur des films tels Silence de Scorsese ou Tu ne tueras point de Mel Gibson. De plus, selon Hubert de Torcy, on assiste à une vraie recrudescence de productions basées sur la foi, y compris du côté français (La Prière, Les Innocentes, etc): «Le cinéma d’inspiration chrétienne est sorti du trou noir dans lequel il était.»

Les films confessionels ont une audience tout public
S’il est difficile de mesurer l'influence réelle d’un tel cinéma en France, Hubert de Torcy souligne que, contrairement à d’autres produits culturels confessionnels (presse, musique, édition) diffusés principalement «à l’interne», les films de Saje sont présents sur la plupart des plateformes grand public. Et d’avancer des chiffres: «Nous avons travaillé sur dix-huit films, lesquels représentent 2,5 millions de billets de cinéma vendus. Nos DVD sont accessibles en librairies religieuses mais nous en avons aussi écoulé 40 000 chez la Fnac, Cultura ou Amazon.» Pareil pour les films de Saje, dont 25 000 titres ont été visionnés sur Google Play, iTunes ou TF1 vidéo. «Le seul média encore réticent à diffuser nos productions, c’est la télévision. Il est très difficile de convaincre des chaînes», remarque le directeur.

Soutien décisif de l’Emmanuel
Une chose est sûre, Hubert de Torcy n’aurait pas pu lancer Saje Productions ou diffuser le journal L’1visible sans le soutien de sa Communauté de l’Emmanuel, issue du renouveau charismatique catholique et présente dans soixante pays. «J’ai osé l’aventure parce qu’elle m’a fait confiance et envoyé en mission pour défricher ce champ nouveau», confie-t-il.
En travaillant dans les locaux de la communauté à Paris, il peut participer chaque jour au chant, à la messe et aux temps de prières dans la chapelle, «capital pour rester aligné sur le Big Boss». Selon Hubert de Torcy, l’Emmanuel a surtout voulu faire de ces deux expériences médiatiques une œuvre collective. «C’est une grande richesse car nous avons pu accueillir au sein du Conseil d’administration des chrétiens évangéliques. Un puissant stimulant pour ce projet», conclut l’enthousiaste directeur.

Sandrine Roulet

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°