Majestart a dix ans

image: Majestart a dix ans
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Pasteur dans une implantation d’Église à Lyon, également graphiste et artiste-peintre, Jean Schott (photo en médaillon) est l’un des trois membres fondateurs du collectif. Interview. Photo: Un des tableaux de l’exposition «Le fil rouge».

Quel changement observez-vous depuis la création de Majestart?
En dix ans, nous nous sommes rendu compte que le regard que l’Eglise évangélique porte sur les artistes a changé. Il y a aujourd’hui une ouverture et une sensibilité à la qualité. Les Eglises sont prêtes à investir des fonds. J’ai aussi l’impression qu’il y a de plus en plus de jeunes chrétiens à se lancer dans l’univers artistique avec le projet de vivre de leur art.

Comment allez-vous marquer votre dixième anniversaire?
Nous souhaitions depuis longtemps créer une conférence pour apporter des ressources aux artistes chrétiens. Nous allons concrétiser ce rêve avec une journée festive, le samedi 5 octobre à Paris. Nous l’avons appelée «Conférence Prisme». On y parlera théologie, art et culture. Un magazine va sortir au même moment afin d’apporter quelques clefs aux artistes chrétiens.

Rappelez-nous les origines de Majestart.
Au départ, nous étions trois étudiants qui nous retrouvions simplement pour échanger sur nos projets artistiques. En tant que chrétien, on peut se sentir isolé dans un milieu où la foi n’est pas toujours très présente. L’idée de base était donc de créer un réseau d’artistes chrétiens. Nous avons organisé une soirée de lancement. Cent vingt personnes sont venues. Puis nous nous sommes structurés petit à petit.
Nous venons essentiellement du domaine de l’art visuel. Progressivement, des personnes du monde des beaux-arts ou de l’art contemporain se sont ajoutées.
Notre vision se développe autour de trois axes: Créer: on met en place des projets engagés pour changer le regard sur la foi chrétienne et sur Dieu. Former: on veut accompagner les artistes chrétiens en nourrissant une communauté. Et penser: on cherche à développer la réflexion et la création de ressources pour appréhender l’art dans une perspective chrétienne. On a récemment contribué à la parution de L’art pour Dieu? (Maison de la Bible).

Si vous ne deviez retenir qu’un projet du collectif...
Difficile... Dernièrement, nous avons lancé une campagne sur le thème du pardon, intitulée «A ceux qui nous ont offensés». Nous avons fait travailler ensemble des prédicateurs, des travailleurs sociaux et des théologiens. Tout le monde était enthousiaste. C’était beau de voir collaborer des personnes aux compétences complémentaires. L’artiste a besoin de l’Eglise locale et inversement!

Des pistes pour la suite?
Nous allons continuer à faire des campagnes artistiques tous les deux ans. La prochaine sera lancée en 2020 et sera consacrée à l’être humain déconnecté.
A l’avenir, nous aimerions aussi créer trois pôles à Lyon, Paris et Strasbourg afin de favoriser la rencontre physique des artistes.

Propos recueillis par Nicolas Fouquet

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