Comment gérer les confidences?

« J’ai rencontré “the” fille parfaite ! », « Ça y est, je me lance, je change de job », mais aussi « Je broie du noir, j’ai plus envie de vivre » et « J’ai déconné avec un gars… ». Se voir confier des secrets a du bon et du moins bon

Les confidences, j’en fais quoi  ?
Recevoir une confidence, c’est en général plutôt valorisant. Histoire de cœur, scoop, projet : c’est agréable quand ce sont de bonnes nouvelles ! Les confidences augmentent la confiance et la complicité dans une amitié. Avant toute chose, je pars d’un principe de base : le respect de la confidence faite; je la garde pour moi.

J’ai tendance à me charger
Parfois et même souvent, les situations sont plus lourdes. Si j’ai tendance à beaucoup prendre sur moi, je dois bien réfléchir à mon rôle. Avant tout, un ami écoute et manifeste de l’empathie. Jusqu’où va ma responsabilité  ? Je ne deviens en tous cas pas son psy ! Cela serait dangereux pour lui comme pour moi.
Une bonne option peut être d’introduire une troisième personne, un autre ami, par exemple. Les deux qui accompagnent peuvent en parler et s’aider. L’idée est de répartir le poids.

Donner des conseils, ça sert à quelque chose  ?
Cela dépend beaucoup de la demande de l’autre. De quoi a-t-il besoin  ? Si il veut juste être compris, qu’il n’est pas preneur, ça ne servira pas à grand-chose. Il faut qu’il y ait une envie de changement ou de conseil. On peut mettre devant la personne ses challenges, mais comment arriver à les surmonter, ça, il faut qu’elle soit partie prenante et qu’elle soit d’accord d’assumer sa part de responsabilité. « J’ai pas d’amis », se plaint mon pote. Si c’est toujours la faute des autres, il aura du mal à avancer. On peut lui suggérer : qu’est-ce que toi, tu peux faire  ? Il ne faut pas oublier que ça prend parfois du temps.

Jusqu’où le respect des confidences  ?
Chaque règle a ses exceptions. Le respect des confidences n’est pas absolu. Quand doit-on passer outre  ? Quand il y a danger pour la personne qui se confie ou pour autrui : envie de suicide, abus, etc. La transgression de la confidence n’est pas une trahison, c’est mettre en place quelque chose pour protéger l’autre. Je ne suis pas contre lui, mais pour lui !
Mais je ne m’y prends pas n’importe comment : j’annonce à la personne que je vais en parler plus loin, et idéalement, je lui propose qu’on le fasse ensemble. Je favorise au maximum le fait que la personne fasse les démarches : que ce soit elle qui prenne ses responsabilités.

A qui j’en parle  ?
Si l’autre est mineur, aux parents ! On a tendance à l’oublier. Je peux aussi m’adresser à un médecin, à un responsable spirituel ou à un responsable plus âgé. Idéalement, à des gens qui le connaissent.
Si la personne s’y oppose, je dois me rappeler que je ne peux pas me charger d’évaluer la gravité de la situation.

Nastasia
Genevievre Wirth, psychologue

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