En Russie, Alexandre vit un dépaysement total

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Alexandre, 21 ans, est parti dans une ville perdue au milieu de la Russie dans le cadre de ses études en ingénierie à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne). Il raconte son aventure

Qu'est-ce qui t'a décidé à partir?
J’ai toujours été intéressé à partir dans un pays d’Europe de l’Est et j’ai flashé sur la ville de Tomsk, une ville un peu au milieu de la nature. On est aussi proche de pays dont on n’entend pas souvent parler: la Mongolie, le Kazakhstan, la Chine à deux heures d’avion. Il y a aussi beaucoup de gens d’Asie centrale (Tartares, Mongols, etc.) venus pour les études ou le boulot, ainsi que des populations des montagnes. Venir ici était donc un choix du cœur. Tout a marché comme sur des roulettes!

As-tu eu des difficultés à arriver là-bas?
Il est normalement très difficile d’obtenir des visas pour la Russie, mais j’ai eu l’aide de la femme de mon cousin, qui est russe. Elle s’est occupée de mon visa, c’est son métier. J’ai vu clairement la main de Dieu.

Faire des études en Russie, ça doit pas mal changer de la Suisse, non?
Je vis dans un foyer avec d’autres étudiants, qui parlent anglais. Dieu a mis deux personnes russes près de chez moi. Le russe n’est pas une langue très compliquée, mais Dieu m’a vraiment aidé à l’apprendre, ce qui m’a clairement ouvert des portes et permis d’avoir des relations plus profondes. Les étudiants ne sont pas en compétition, mais ils s’entre-aident toujours. Les professeurs sont aussi toujours prêts à t’aider.
Nous vivons tous dans des foyers proposés par l’université. Il y a un couvre-feu et des règles très strictes, mais l’ambiance est excellente.

As-tu rencontré des chrétiens? Vivent-ils leur foi comme chez nous?
Oui, j’ai même eu la chance de trouver une Eglise. Globalement, la perception que les chrétiens ont de Dieu est semblable à chez nous. Il y a cependant quelques différences dans la manière de vivre la foi.

J’ai par exemple été frappé par le fait qu’aucun chrétien ne boit d’alcool. Autre fait étonnant, la plupart des jeunes chrétiens n’ont pas de parents chrétiens; car il y a vingt ans, il était encore interdit d’être chrétien en Union Soviétique. Dans les années 1990, la situation en Russie était très difficile. Du coup, les gens sont très méfiants, en particulier avec les chrétiens. Ils ont peur que les chrétiens cherchent à les manipuler, à prendre leur argent. Mais en même temps, les Russes ont eu une vie tellement misérable qu’ils sont ouverts à l’espoir.

Qu’as-tu appris sur Dieu pendant ton séjour?
Premièrement que Dieu savait diriger les choses pour son bien et pour mon bien. Il aurait pu m’arriver plein de problèmes: j’aurais pu être victime d’un accident, avoir de la peine à apprendre la langue, avoir de mauvaises surprises à la frontière, faire des rencontres problématiques. Mais rien de tout ça. J’ai vécu cette parole biblique que «tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu» (Rom. 8,28).
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J’ai également compris que Dieu avait conduit les circonstances de la meilleure des manières. Par exemple, quand j’ai dû choisir mes cours, je ne savais pas qu’il en existait en anglais. J’ai donc été obligé de prendre tous les cours en russe. Plus tard, quand je l’ai su, la direction ne m’a pas permis de changer. Aujourd’hui, avec du recul, je comprends que c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Comme dit, cela permet de meilleures relations avec les étudiants. Et j’ai fait des progrès fulgurants.

Ta relation avec Dieu a-t-elle évolué?
En Russie, ce n’est pas un problème de dire en quoi et en qui tu crois; les persécutions ont cessé avec la fin de l’Union Soviétique. Tu as le droit d’afficher librement ce que tu penses. J’ai donc appris à dire clairement ma foi, même à des gens que je ne connais pas vraiment.

J’ai aussi pris l’habitude de faire confiance à Dieu, de ne pas m’inquiéter, de lâcher prise sur les détails. Dans un tel contexte, tu es obligé de laisser Dieu prendre le contrôle; tu n’as pas le choix.

Quel encouragement voudrais-tu donner aux lecteurs de Just4U?
N’ayez pas peur de vivre vos rêves, quels qu’ils soient! Le jour où une possibilité se présente, saisissez-la. Vivre ton rêve te permet de passer à autre chose et de ne pas être déçu.

Pour toi, partir en Russie était donc un rêve…
J’ai toujours eu envie de voyager! Quelques jours avant mon départ, ma maman m’a rappelé une anecdote amusante: quand j’avais environ dix ans, je lui avais dit que je voulais aller à Saint-Pétersbourg. Déjà petit, j’avais envie de vivre quelque chose d’hors du commun dans cette région du monde, qui ne peut pas se vivre chez soi.

Quels sont tes projets d’avenir?
Tout d’abord, l’armée! Puis je compte mettre en valeur mes connaissances du russe en travaillant plus tard avec une entreprise qui a des liens avec la Russie.

Propos recueillis par Letty Greneille

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