Benjamin, héros des enfants rwandais

image: Benjamin, héros des enfants rwandais
© Alliance Presse

Apprendre la confiance

«La pureté sexuelle, ça ne marche pas bien au Rwanda. Alors le dernier jour, nous avons proposé aux campeurs de signer un pacte de pureté», explique Benjamin. 19 des 23 campeurs l’ont signé. Ils ont reçu un bracelet qui leur rappelle leur engagement, et chacun est aussi redevable à un témoin.
Autre défi pour les Rwandais, la confiance, dans un pays ébranlé par le génocide de 1994. Outre des activités telles que soirée film, témoignages, sketchs et sport, Benjamin et les organisateurs ont donc proposé plusieurs jeux grâce auxquels les participants pouvaient apprendre à dépasser leur méfiance.

Benjamin, 20 ans, a été moniteur dans un camp de jeunes au Rwanda. Cette expérience l’a marqué à tout jamais et a changé la vie des participants

Pourquoi être parti au Rwanda?
J’y connais un couple de missionnaires. Alors quand j’ai appris qu’ils organisaient un camp, j’ai été très motivé. Je voulais surtout faire de l’humanitaire et travailler avec des jeunes.

Quel était ton rôle?
J’étais moniteur. Je m’occupais d’un groupe de gars de 15 à 17 ans. J’étais là pour animer les discussions bibliques, pour répondre à leurs questions, pour organiser certaines activités, etc.

As-tu observé des changements dans la vie des participants?
Oui, nettement! Je pense à ce garçon de 16 ans, qui a vécu dans la drogue et le sexe, avant d’être envoyé par son père en prison, où il a été battu. Il est sorti de prison un mois avant le camp. Pendant le camp, il était toujours motivé à lire la Bible, à prier et à aider les autres. A la fin, il faisait partie des huit jeunes qui ont voulu donner leur vie à Dieu. Il faut dire aussi que le message de l’Evangile et du salut a été transmis clairement pendant les moments d’enseignement. Et beaucoup de mamans nous ont téléphoné à l’issue du camp pour nous dire que ces quelques jours avaient changé la vie de leurs enfants.

A titre personnel, qu’as-tu appris de cette expérience?
Se donner et faire les choses pour Dieu, voilà la source du bonheur! J’ai expérimenté qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir et qu’en donnant, on reçoit beaucoup! J’ai aussi apprécié l’ouverture des Rwandais: on peut les accoster dans la rue et prier avec eux sans problème. Et ces gens ont le temps: on est loin du stress que nous connaissons chez nous!

Niveau confort, ça doit être un peu différent d’ici…
Oui, et cela m’a remis en question! Nous avons été invités un jour chez un homme. Sa maison? Une pièce avec trois fauteuils entassés, une autre pièce avec un matelas. Rien de plus. Pourtant, cet homme était toujours heureux et il a fait preuve d’une incroyable générosité. Chez nous, on râle dès que quelque chose ne marche pas. Chez eux, rien ne marche, mais ils sont toujours contents.

Encourages-tu les lecteurs de Just4U à vivre pareille aventure?
C’est clair! Je ne peux que conseiller de découvrir une autre culture, mais aussi de se donner pour Dieu. Personnellement, j’ai envie de repartir chaque année! Mes amis missionnaires envisagent de rentrer bientôt en Europe. Le jour où ils n’ont plus de chef de camp, je suis partant pour prendre la relève!

Jérémie Cavin

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