Haïti, trois ans plus tard...«Ce tremblement de terre m’a rapproché de Dieu»

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© Alliance Presse

Il y a trois ans, un terrible tremblement de terre a frappé Haïti. Bilan: plus de 250'000 morts, 1,6 million de sans-abris et des conséquences désastreuses sur les conditions de vie des habitants. Nous avons rencontré sur place Luckson Pierre, 17 ans

Luckson se souvient bien de ce 12 janvier 2010. Sa ville, Jacmel, a été méchamment touchée: 80% des bâtiments ont été endommagés et 90% des habitants affectés par le séisme. La maison de Luckson n’a pas été épargnée: «Notre maison ne s’est pas écroulée, mais les murs ont été fissurés. Elle était devenue fragile et dangereuse». Il faut dire que les maisons haïtiennes ne sont pas très solides: elles sont construites en terre, et les toits sont couverts de feuilles de cocotier ou de chaume. Insuffisant pour parer aux catastrophes naturelles.

L’aide de l’organisation Medair
Heureusement, plusieurs Organisations non-gouvernementales (ONG) ont participé sur place au renforcement des maisons ou à leur reconstruction. Et la famille de Luckson, comme 238 autres familles, a été choisie par l’organisation chrétienne Medair pour bénéficier de cette aide humanitaire. Luckson a été employé sur le chantier de sa propre maison, aux travaux de maçonnerie et de charpenterie. Une façon pour les ONG de former les Haïtiens sur place. Il a ainsi reçu un revenu équivalant à 47 dollars. L’opportunité pour lui de se payer une formation de plombier.

Il dirige un petit business de téléphones
Mais aujourd’hui, Luckson n’a pas trouvé de vrai travail. Il passe beaucoup de temps sous le porche de sa nouvelle maison qu’il a peinte de couleur crème et grenat. Il survit péniblement grâce à la réparation de quelques portables, dont il collectionne les pièces: «Je n’ai pas fini l’école et je ne trouve pas de travail comme plombier, alors je me débrouille en montant un petit business de téléphones». Luckson est le seul homme de la maison. Sa mère, Vierge Mélidor, handicapée physique, ne travaille pas. Sa sœur aînée est handicapée mentale. La famille a été abandonnée par le père il y a des années. Une histoire malheureusement courante en Haïti, où les familles monoparentales dirigées par les femmes représentent 47% de la population. Vierge Mélidor tire un maigre revenu de la deuxième petite chambre, louée à des cousins.

«Le tremblement de terre m’a rapproché de Dieu»
Mais leur petite maison neuve de 20m² est une bénédiction pour Luckson, qui refuse d’en vouloir à Dieu pour les catastrophes endurées. Il partage une foi simple et renforcée par les épreuves: «Je suis chrétien, et le tremblement de terre m’a rapproché de Dieu. J’ai toujours confiance en Lui, parce que chaque fois que je me suis adressé à Lui, il a répondu à mes prières». Malgré les difficultés, la pauvreté durable, les cyclones et les ouragans, Luckson ne vit pas dans la peur, confiant que Dieu prend soin de sa famille et de lui-même. La vie est difficile, mais il garde espoir et rêve de lendemains meilleurs: «Il y a deux choses importantes dans ma vie: avoir Jésus-Christ comme mon Sauveur et conserver le rêve d’avoir un jour un travail et une maison».

Par Christelle Bankole

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