Nu sur le net un jour, nu pour le monde entier toujours!

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Et si c'est trop tard?

Pro Juventute, en Suisse, a lancé la campagne «Le sexting peut te rendre célèbre. Même si tu ne le veux pas du tout». Une ligne téléphonique d’urgence, le 147, a été mise en place afin d’aider les personnes concernées. Si tu as publié un contenu que tu regrettes, ne reste pas seul à paniquer: parles-en à des personnes de confiance qui pourront te donner des conseils pratiques. En France, un numéro anonyme est aussi prévu: 0808 807 700. Et le site Jeunesviolencesecoute vient en aide aux jeunes qui en ont été victimes.

As-tu déjà vu circuler des photos de nudité ou sexuellement explicites de tes amis? La mode des sextings, venue des Etats-Unis, invite au partage, via téléphone portable ou internet, de photos compromettantes. Tu penses peut-être que c’est tentant d’essayer. Mais as-tu déjà réfléchi aux conséquences?

Sexting: la diffusion, par téléphone ou internet, de photos, vidéos ou textes «coquins» se répand chez nous. Les stars «montrent l’exemple» avec leurs sextapes. Mais pas besoin d’être complètement nu pour que l’on puisse parler de ce phénomène, rappelle Christian Kuhn, animateur jeunesse: «Dès qu’on partage des photos où on a enlevé un vêtement, on est dans du sexting». En quoi est-ce problématique?

«Vie éternelle» sur le net
«Ce qu’on met une fois sur internet y reste pour toujours, même si c’est un réseau social bien protégé», avertit Christian Kuhn. Si tu souhaites effacer ce que tu as posté, c’est possible, mais cela coûte très cher: «Les réseaux sociaux ont leurs conditions générales qu’on accepte: quand on s’inscrit sur Facebook, on renonce à demander un jour le retrait d’une image ou d’un fichier. Il est donc difficile, sur le plan légal, de réussir à récupérer ou supprimer une photo.»

Même le contenu Snapchat ne disparaît pas: des pirates informatiques sont tout à fait capables de récupérer les images diffusées par ce moyen.

Distribution multiple
En un clic, une image peut être distribuée instantanément à plusieurs personnes. Même si tu l’as supprimée, il y aura toujours quelqu’un qui pourra la voir, la prendre, la copier ailleurs, la remettre. L’écrivaine Yasmina Reza a dit un jour: «Avec un portable, le monde entier peut faire intrusion chez vous et entraîner le pire.»

Tu peux être à peu près certain que lorsqu’un jour tu entreras dans le monde du travail, ce que tu auras partagé sur la toile risque de ressortir. Pire encore, en publiant une telle photo ou vidéo, tu t’exposes au danger qu’une personne mal intentionnée l’utilise: internet est une mine d’or pour les pédophiles ou agresseurs sexuels.

Autre risque: le cyber-mobbing. Parfois influencé par une dynamique de groupe, tu seras incité à envoyer des photos de toi qui commenceront à circuler. «C’est l’effet boule de neige», raconte Christian Kuhn. Des inconnus ou des amis te mettent la pression pour que tu en envoies d’autres, te menacent. Ou même, qu’est-ce qui te garantit que ta copine ou ton copain actuel ne va pas balancer une fois des photos compromettantes de toi si un jour vous rompez?

Réfléchir avant d’agir!
Derrière ton écran d’ordinateur ou ton portable, tu peux te sentir en sécurité et oser envoyer des contenus «audacieux» que tu aurais hésité à partager si tu n’étais pas seul.

Avant de poster une vidéo ou une image sur les réseaux sociaux, réfléchis: cela te dérangerait-il que ton entourage tombe un jour dessus? «Si on pense ne serait-ce qu’à une personne qui pourrait être choquée ou blessée par notre publication, mieux vaut y renoncer», conseille Christian Kuhn.

Dorianne Jeanneret

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