«Prendre soin de soi, c'est apprendre à s'aimer»

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© Alliance Presse

Un métier encore peu connu

C’est en France que Prisca a suivi une formation de socio-esthéticienne. «Il y a quelques endroits où l’on peut s'y former. Mais en Suisse, la formation n’est pas encore reconnue officiellement, parce que nous sommes trop peu à la pratiquer». Mais elle travaille à ce que ça change! «Pour l’instant, j’encourage les personnes intéressées par ce métier à se former dans les soins esthétiques dans un institut de beauté avant de chercher à travailler au sein d’organisations sociales.»

Le métier de Prisca, encore peu connu, est passionnant: elle rend belles les personnes que la vie n’a pas épargnées.

Prisca est socio-esthéticienne. «Cela signifie que je travaille comme esthéticienne, dans le milieu social et médical. Je donne des conseils et propose des soins variés: manucure et pédicure, maquillage, soins du corps…». Les personnes qu’elle aide ont souvent négligé leur apparence, parce qu’elles ont traversé une période difficile ou qu’elles sont défavorisées. «En les aidant à prendre soin d’elles-mêmes, je les invite à apprendre ou ré-apprendre à s’aimer et se respecter.»

Les nerfs solides
Ce qu’elle aime dans ce métier, c’est le contact avec les gens. «On se met à leur service, comme Jésus qui lavait les pieds de ses disciples». Bien évidemment, cela ne suffit pas pour aider les personnes en difficulté à sortir d’une crise, mais la manière dont on s’habille et dont on se soigne peut y contribuer.
C’est un travail varié, mais qui demande de la force et du courage. «On n’est pas juste esthéticienne, mais on rencontre des personnes qui souffrent vraiment, que ce soit physiquement ou moralement». Pour Prisca, il faut avoir les nerfs solides. «Face aux difficultés des autres, je dois savoir faire preuve de compassion tout en ne prenant pas le poids de leur peine sur moi.»

Auprès des prostituées
Depuis quelques mois, Prisca s’est jointe à un groupe qui va à la rencontre des prostituées d’un quartier chaud de Genève. Elle y propose également des soins, par exemple des mains. «Ces femmes sont souvent victimes, on utilise leur corps pour faire de l’argent. Ce n’est donc pas simple de les encourager à prendre soin d’elles-mêmes et à se valoriser.»
Pourtant, les femmes prostituées commencent à connaître ces chrétiens qui leur rendent visite. «On essaie de tisser des relations et des amitiés». C’est une manière d’utiliser sa formation pour aider bénévolement, en plus de son poste de travail. «J’aime voir les gens prendre conscience de leur valeur, et être transformés par cela!»

René Progin

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