Tu achètes ses produits tous les jours!

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© Alliance Presse

A 23 ans, Victorien est designer packaging industriel à Bruxelles. Il est chargé de concevoir l’emballage des produits, en choisissant la forme, le style, la matière et les couleurs. Quand on parle « design », on pense « moderne » et « original ». Et pourtant, Victorien nous fait découvrir d’autres facettes de ce métier passionnant. Entretien.

Quel est le rôle d’un designer industriel ?
Il y a deux phases dans l’avancement d’un projet design. La première est purement créative : on se lâche en cherchant les idées les plus farfelues possible. Dans la deuxième, on réfléchit aux contraintes techniques. Ce n’est pas facile d’être à la fois créatif et réaliste. Il existe donc deux profils de designers : ceux dotés d’une grande sensibilité artistique et ceux qui ont l’esprit plus terre à terre et qui adaptent le concept au consommateur. Ce n’est pas juste de l’art, on crée pour vendre. Bref, un designer industriel est un peu un ingénieur qui a un goût prononcé pour l’esthétique.

A quoi ressemble ton quotidien ?
Je m’inspire, je dessine, je fais des maquettes. Je vais jusqu’à fournir les plans techniques pour la production ainsi qu’un prototype pour le client, le plus réaliste possible.

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?
Il faut être passionné, mais aussi avoir une bonne connaissance du terrain, des machines, comprendre comment elles fonctionnent pour savoir jusqu’où l’on peut aller dans un concept. Avoir la double compétence créatif/technique est essentiel, surtout quand, comme moi, on travaille directement dans une industrie et non en agence de design.

Quels sont les inconvénients ?
Avec la passion, les inconvénients n’existent pas :). Plus sérieusement, il faut faire face à la frustration, notamment quand un client décide de modifier votre concept au point qu’il faille tout recommencer ou « défigurer » votre « œuvre ». Quand on travaille en industrie, on risque aussi d’être bridé dans notre projet par les services techniques.

Est-ce dur de devenir designer industriel ?
Il existe plusieurs écoles spécialisées et de bonne réputation en France. Elles sont intégrables dès la première année après le baccalauréat et il est possible de poursuivre jusqu’au master en passant par la licence. Mais ces écoles sont généralement très chères. En Suisse, il faut suivre une HES. Puis l’expérience pose souvent problème lors de la recherche de son premier job. Il faut donc profiter de la vie étudiante pour enchaîner les stages et les projets personnels.

Comment en es-tu arrivé à vouloir faire ce métier ?
Comme la grande majorité des designers, ça commence très jeune, quand on ne peut pas s’arrêter de dessiner, bricoler, créer et découvrir.

Qu’est-ce qui te passionne le plus ?
J’aime créer et voir tout ce qui se passe après : le processus de fabrication jusqu’à la réalisation. Voir dans le commerce, produit à des milliers ou millions d’exemplaires, quelque chose qui quelques mois auparavant était gribouillé au crayon sur un coin de mon bureau, quelle fierté !

Un conseil pour ceux qui aimeraient devenir designers ?
Gardez en tête le mot passion ! C’est ce que les recruteurs d’écoles et professionnels recherchent, et c’est ce qui vous tiendra motivés pour entretenir votre curiosité et créativité.

Propos recueillis par Joëlle Lehmann

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