Je suis naïf, ça se soigne?

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Tu vas rire, mais c’est une histoire authentique. Un jour, j’étais en camp, coupé du monde. Mon frère m’a envoyé un SMS avec des nouvelles, du genre: le Barça a gagné le Clasico, Poutine est tombé malade et… un poisson rouge a été condamné à mort en écosse. Eh ben figure-toi que j’ai tout cru, y compris l’histoire du poisson! De la naïveté à l’état pur. Es-tu aussi du genre à croire tout ce qu’on te dit? Que faut-il penser de cette tendance à la crédulité?

Les plus
D’un côté, être naïf est une bonne chose. Ce n’est pas une faiblesse intellectuelle, ni la preuve qu’on serait un peu bête, mais la marque d’une grande confiance dans les gens. On a envie de croire que ce mendiant, même s’il a des Nike neuves, a vraiment besoin de 40.- pour nourrir ses douze enfants; envie de croire ce mystérieux John Smith qui nous envoie un mail pour nous léguer un million d’euros avant de mourir.
L’avantage d’être naïf, c’est aussi que l’on est souvent moins inquiet par rapport au monde, moins méfiant, moins préoccupé, plus facilement idéaliste et enthousiaste. On a envie de croire à la sincérité et à la gentillesse, aux bonnes nouvelles, au progrès. Et puis, dernier avantage : les naïfs font bien rire les autres ! Mon frère me taquine encore avec cette histoire de poisson rouge…

Les dangers
Si tu es un naïf, sois quand même sur tes gardes. Sinon tu risques d’y perdre des plumes. Un jour, j’ai donné 100.- à un gars dans la rue qui m’a raconté une histoire tellement crédible que je l’ai cru. Tu risques aussi de te faire marcher dessus, par exemple par un employeur qui te fera de belles promesses mais ne les tiendra jamais, ou par un copain mal intentionné qui te mènera en bateau et profitera de toi. Tu risques aussi de retomber de haut quand tes belles certitudes sur la bonté humaine s’effondreront. Alors reste naïf… mais pas trop. Développe une vision équilibrée des gens et du monde, en te souvenant que le bien et le mal cohabitent.

Les remèdes
Concrètement, aie des pensées plus critiques, notamment quand il s’agit de prendre des décisions : n’agis pas tout de suite sans réflexion juste parce que tu as envie de croire ce qu’on te dit. Sois gentil, mais sans oublier que «bon» et «bête», ça commence par la même lettre : si donc on te promet monts et merveilles, et qu’en plus c’est gratuit, reste sur tes gardes. Personne ne veut te donner une grosse somme d’argent contre rien en retour ! Si tu as des doutes, pose des questions par rapport à ce qu’on t’a dit ou promis, pour y voir plus clair, quitte à demander conseil à des personnes avisées.
Développe un sens critique par rapport à ce qu’on t’enseigne : les journalistes, les profs, les gens en général, et même les pasteurs peuvent avoir tort. Bien sûr, ne tombe pas dans l’excès inverse, où tu doutes de tout. Il ne s’agit pas d’avoir une carapace avec les gens, mais d’être un «naïf avisé»! Ah oui, dernier conseil, fais gaffe le 1er avril!

Jérémie Cavin

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