Accepte d'être imparfait!

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Le perfectionniste «chrétien»: peut-être que tu le connais bien, si bien qu’il te suit à la trace. Avec des «je devrais» qui ne cessent jamais: «Je devrais être un exemple, je devrais être plus patient et doux, je devrais être moins inquiet». Comment faire pour que cet état d’esprit, même s’il part de bonnes motivations, ne devienne pas dangereux?

Eric est chrétien. Au fond de lui, il se sent obligé d’être parfait. Il a une image extérieure à préserver. Impossible de tomber. Il se doit d’être un modèle dans sa foi. Et pourtant, «le besoin d’être parfait génère non seulement un tourbillon d’anxiété, mais il détruit aussi votre confiance en vous», écrit l’auteur et conférencier Timothy Sanford.

Un cercle vicieux
Lorsque nous pensons devoir tout faire parfaitement, nous sommes prisonniers de la peur: la peur du regard des autres, du rejet, la peur d’échouer, de laisser tomber Dieu… Et quand nous échouons à atteindre nos «devoirs» et objectifs, nous nous sentons encore plus minables, incapables de réussir. Le danger: se retirer, ne plus prendre de risque par peur de ne pas y arriver. Cela nous empêche de vivre, parce que l’on ne se donne pas le droit à la moindre erreur. Il est bien de vouloir l’excellence. De donner de son maximum pour refléter Dieu et lui rendre la gloire qui lui est due. Mais le perfectionnisme tue. Nous sommes trop exigeants envers nous-mêmes, comme si nous devions déjà tout savoir, sans nous donner la permission d’être faibles…

Un chemin, pas à pas
La vie chrétienne est un chemin plein d’aventures: nous n’avons jamais fini d’apprendre, de grandir et de connaître d’autres facettes de Dieu. Combien de bébés savent parler à la naissance? Aucun! Il en est de même pour notre foi et intimité en Dieu. Chaque jour nous pouvons nous rapprocher de son caractère, mais jamais nous ne serons comme lui. Le sens de l’Evangile, c’est justement de puiser nos forces en Dieu parce que nous sommes incapables de faire parfaitement les choses par nous-mêmes. Accepter cela, décider de lâcher prise, permet de vivre sans la pression d’être parfait. Demande que l’on prie pour toi, afin que le poids que tu as sur les épaules disparaisse. Ne sois pas si dur avec toi-même, pense aussi à toi. «Demain, tu seras amené plus loin que là où tu en es aujourd’hui. Mais aujourd’hui, c’est aujourd’hui, et cela suffit pour le moment», écrit Timothy Sanford.

Sois sincère
Tu as le droit de ne pas y arriver seul. Il est difficile d’admettre que pour atteindre nos objectifs, pour grandir, nous avons besoin des autres: ils ont des capacités complémentaires. «Seul on va vite. Ensemble on va plus loin», dit le proverbe. Si tu as un besoin, exprime-le. Nous sommes des personnes imparfaites aimées par un Dieu parfait. Et pourtant, regrette Timothy Sanford, nous nous interdisons d’aller à l’Eglise ou au groupe de jeunes avec des cicatrices aux poignets. Comment attendre des autres d’être sincères si toi-même tu n’es pas honnête avec eux? Comment donner envie aux non-chrétiens d’entrer en contact avec toi s’ils ont l’impression que tu es tellement parfait que tu en deviens inaccessible? Parce que oui, il t’arrive d’avoir le moral à plat, de douter, d’être blessé, d’avoir des pensées malsaines… Tu es humain et tu as le droit de l’être. Dieu ne va pas te condamner, car son amour est sans condition.

Joëlle Lehmann

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