Croire qu’il y a de l’espoir pour chacun, c’est son métier !

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Deux questions importantes

Comment se former?
En Suisse romande, il y a une filière unique de psychomotricité à l’HES-SO. Trois ans à plein temps à Genève ou Zurich. Avant de pouvoir pratiquer le métier, des examens d’entrée sont mis sur pied. Il est aussi nécessaire de faire 12 semaines de stage avant la formation. En France, un concours permet d’entreprendre une formation de trois ans, qui débouche sur un diplôme d’Etat.

Quel est notre «public»?
Le psychomotricien peut s’occuper à la fois de bébés, de jeunes, d’adultes et de personnes âgées. Il a affaire à des troubles de l’attention, à des troubles spatiaux ou de la coordination, à des mouvements anormaux, à des troubles du tonus musculaire, à des incapacités d’apprentissage, etc.

Thérapeute en psychomotricité? Un métier peu connu, qu’il est intéressant de découvrir. Nous avons la chance d’en savoir plus avec Déborah, psychomotricienne. Tout juste diplômée, elle nous explique en quoi consiste son travail.

Quel est le rôle d’une psychomotricienne?
Le métier a pour but de soutenir le développement global de la personne: son développement pyscho-émotionnel, mais aussi corporel. Il y a de nombreux liens entre la motricité, le psychisme, les émotions, le tonus, les sensations… Ainsi, mon rôle est d’avoir une approche globale qui prend en compte la relation de la personne à elle-même, sa relation aux autres (communication…) et sa relation avec l’environnement (repères dans l’espace, dans le temps…). Nous avons des mandats de thérapie mais aussi des mandats éducatifs et préventifs.

Comment est-ce que vous faites pour répondre à cette mission?
La créativité est un atout: nous utilisons des médiations comme la danse, la musique, le jeu, le corps en mouvement… Notre regard sur l’être humain est vu comme un tout. Nous valorisons les compétences et les ressources de chacun à tous les âges. Les bons fondements permettent de tenir la route sur le chemin de la vie.

D’après toi, quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier?
Il faut d’abord être soi, à l’aise dans son corps: autrement dit, avoir une identité forte. Deuxièmement, il est nécessaire d’être flexible, souple et relationnel, d’avoir une capacité à s’ajuster et de la sensibilité pour les personnes rencontrées. Enfin, il me semble important d’avoir un regard positif, de croire qu’il y a de l’espoir pour chacun.

Quelles sont les difficultés de cette profession?
Elle est peu reconnue au niveau de la société. Il n’est pas non plus facile de «lâcher» son regard de thérapeute dans la vie de tous les jours face à son entourage, de cesser ses «observations». Je dois faire la part des choses.

Propos recueillis par Joëlle Lehmann

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