Un prof m’a pris en grippe

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© Alliance Presse

Avec certains profs, le courant passe tout de suite. Avec d’autres, c’est plus tendu et ça ressemble parfois même à une forme de Guerre froide. Le pire, c’est quand on a l’impression qu’un prof nous a pris en grippe. Que faire?

1. Vérifie ton impression
Si tu as l’impression que l’un de tes profs t’a pris en grippe, commence par te demander si c’est bien le cas. Voilà le premier conseil de Luc Zbinden, doyen d’un gymnase (lycée). Est-ce la réalité ou une impression, voire un fantasme? Pour y voir plus clair, il est bon d’avoir la confirmation des copains, qui ont peut-être plus de recul que toi.

2. Demande-toi pourquoi
Si tu arrives à la conclusion qu’en effet ton prof a de la peine avec toi, demande-toi pourquoi, en essayant de comprendre si tu as une part de responsabilité. As-tu eu une attitude qui a pu être mal interprétée? Par exemple un sourire qui a pu être pris pour un sarcasme, ou une manière de répondre ou d’écrire qui a été mal prise.
Il peut aussi arriver qu’un prof ait moins de patience avec certains élèves, pour diverses raisons: parce qu’ils comprennent moins vite, parce que leur tête ne lui revient pas… ou pour aucune raison valable. Dans ce cas, ne culpabilise pas!

3. Va parler au prof
Si tu as de la peine à vivre cette situation, essaie d’en parler à l’enseignant, conseille Luc Zbinden. Emploie des phrases telles que «J’ai l’impression que…», plutôt que des accusations. Si voir ton prof en face te fait un peu peur, tu peux lui écrire un mot. Cela va-t-il changer quelque chose? «J’ai tout vu», répond Luc Zbinden. «Certains enseignants n’entrent pas en matière. Mais j’ai aussi vu des situations qui changent quand l’élève fait la démarche de venir parler.»

4. Parfois, écrase…
Dans certains cas, il arrive qu’un prof t’ait pris en grippe pour aucune raison valable et que tu sentes bien que la discussion ne conduira pas à grand-chose. Estelle a vécu cela avec son prof d’italien: le bonhomme avait un faible pour les «bimbos» qui entraient dans une sorte de jeu de séduction, ce qui n’était pas du tout dans la mentalité d’Estelle. Elle recevait donc moins d’égards que les autres et était victime d’injustices lorsqu’il s’agissait par exemple de prendre la parole en classe. Elle s’est tue et a appris à vivre avec.

5. Quand c’est trop lourd, prends des mesures radicales
Si tu as la boule au ventre chaque fois que tu entres en classe, ou si le prof s’en prend à toi de manière systématique au point que cela devient presque du harcèlement, il faut agir, assure Luc Zbinden. Par exemple: y a-t-il des remarques déplacées sur qui tu es, sur ton habillement ou sur ta manière de parler? Tu peux aller en parler au prof accompagné d’un autre adulte, ou même du directeur. «Et dans toutes les écoles, il y a des services qui permettent de régler ce genre de problème.» Une sorte de médiation.

Il arrive qu’un prof s’acharne sur les élèves chrétiens. «Rappelle-toi qu’il n’a pas droit de te prendre en grippe pour des questions de conviction. Même si un élève intervient dans un cours de biologie pour dire qu’il n’est pas d’accord avec certaines théories, l’enseignant est censé l’écouter, pas le rabaisser, quitte ensuite à nuancer ou à se positionner autrement», explique Luc Zbinden. Là encore, il t’encourage à aller voir le prof ou à t’adresser à l’échelon supérieur si tu es carrément rabaissé de manière systématique.

Par Jérémie Cavin

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