Comment boire de l’alcool d’une bonne manière?

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Cela dépend aussi de l’âge

Le cerveau se développe jusque vers 23 ans; avant cela, trop d’alcool peut causer de graves dommages. Idem pour le foie, qui est plus petit en période de croissance et supporte donc moins bien l’alcool.

Avant la vingtaine, les effets sont aussi mauvais sur les organes, l’équilibre hormonal, la croissance des os, les réflexes ou la mémoire. C’est aussi pour cela que la loi interdit la consommation d’alcool aux moins de 18 ans (exception en Suisse: 16 ans pour la bière et le vin).

A partir de là, consommer n’est pas mal en soi, tout est question de limites et de dosage.

L’alcool divise: certains se prennent des cuites continuellement, d’autres s’abstiennent totalement. Entre les deux, est-ce possible de boire de l’alcool intelligemment?

«Allez les gars, concours de shots pour s’ambiancer!» Face à ce genre de défis en soirée, tu n’es pas le seul à être partagé entre l’envie d’y participer et le réveil de ta conscience de chrétien… Que faire? Daniel est vigneron chrétien et père de trois ados. Selon lui, «tant que ta consommation ne te domine pas, il n’y a pas de problème. Car la Bible nous recommande de ne pas nous laisser asservir par quoi que ce soit (1 Cor. 6,12)». Daniel précise donc que cette limite peut varier d’une personne à l’autre, selon son seuil de tolérance à l’alcool.

Vin, bière, vodka: tout dans le même panier?
Lorsqu’il consomme du vin, c’est surtout par gourmandise ou curiosité. «Le vin est trop noble pour être bu pour les effets de l’alcool. Il est nécessaire de s’arrêter lorsqu’on n’est plus capable de l’apprécier pour sa qualité.» En revanche, il considère que la consommation d’alcopops (shooters) a un autre but: se faire dominer par la boisson, et ce rapidement. «Avec les alcopops, il n’y a pas cette dimension de savourer et déguster. On tombe donc plus vite dans une dimension de péché.»

Être bourré, c’est mal?
La Bible nous recommande en effet de ne pas nous enivrer. De plus, l’ivresse ouvre la porte à d’autres travers: l’agressivité, la violence, etc. Mais si, avant de te demander si «être bourré c’est mal?», tu réfléchissais plutôt à l’utilité de le faire? Tu me répondras sûrement que, oui, cela t’est utile pour te désinhiber, être moins timide et «plus cool». Mais en réfléchissant ainsi, tu admets que tu es dépendant de l’alcool pour être une personne que tu aimes. Donc en un sens, tu te laisses asservir par cette substance.

Il y a cependant une différence entre «être bourré» ou seulement désinhibé. «Aucun excès n’est souhaitable», rappelle Daniel, pour qui «être bourré» revient à rater sa cible. Cible qui devrait être de parvenir à toujours maîtriser sa consommation. «Par contre, lorsqu’on a bu un ou deux verres, cela peut inhiber certaines barrières.»

Concrètement, je fais quoi?
Pour Daniel, la clé se trouve dans l’état d’esprit. «Pars du principe que tu vas raisonner ta consommation, pas que la soirée sera bien uniquement si tu es ivre.» Ensuite, lorsque tu consommes une boisson alcoolisée, garde à l’esprit le but premier: la dégustation. «Apprécie le produit que tu bois, tout comme tu savourerais une boisson spéciale ou un autre mets. Car derrière, il y a du travail, du savoir-faire exprimé, dont l’alcool n’est pas forcément le but, mais un moyen de rendre le produit meilleur.»

Il y a donc tout un chemin entre boire de l’alcool et être ivre. Ce n’est pas parce que tu es chrétien que tu n’as pas le droit d’en boire. Apprends simplement à poser des limites et à t’arrêter quand elles sont atteintes.

Gaëlle Monayron

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