«Le sexe n’est pas un besoin, mais un paisir»

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Ils étaient 400 à se retrouver pour parler «sexe» en juin, dans une église en pleine campagne (à Oron, en Suisse). Havilah Cunnington, de Moral Revolution, a donné plus qu'un cours d'éducation sexuelle. «Nous voulons révolutionner la façon dont on considère et voit la sexualité parmi les chrétiens.» Six points auxquels elle te propose de réfléchir. Entretien.

Pourquoi les églises insistent-elles sur l'abstinence avant le mariage?
Les Eglises ont parfois pensé qu’on resterait pur en s’abstenant. Mais la pureté biblique, c'est d'être libre de la honte et de la peur. Si je décide de me préserver, ce n'est pas dans le but d'avoir un meilleur mari que les autres, mais d'abord parce que je prends conscience de ma valeur (corps, âme, esprit) et que je ne veux pas me livrer sans avoir d’abord conclu une alliance. Ce que nous faisons de notre corps devrait être l’expression de notre amour pour Dieu.

Quelle est la valeur de la sexualité?
C'est toi qui détermines la valeur de la sexualité. Soit en la donnant à gauche et à droite, soit en la préservant avec détermination et courage; dans ce cas, tu offriras un cadeau de valeur à la personne avec laquelle tu construiras ta vie. S'engager dans une relation sexuelle te changera et changera la façon dont tu vois les hommes ou les femmes.

Qu'est-ce que cela change d'avoir des relations sexuelles?
La sexualité a une force. Au-delà de l'acte physique, elle a des implications physiologiques, émotionnelles et biologiques. Notre corps a une mémoire qui enregistre l'expérience sexuelle, davantage que certaines autres expériences, du fait de la puissance et de l'intensité hormonale de l'intimité sexuelle.

Trois hormones sont libérées au cours d'une telle relation. La dopamine intensifie le sentiment de plaisir, de bonheur et le désir. L'ocytocine, appelée l'hormone du bonheur, favorise la confiance et la protection de l'autre. La vasopressine favorise l'attachement. Avoir des relations sexuelles avec une personne nous lie donc avec elle.

Certains répondront qu’attendre est bien trop difficile…
Une chose n’a pas de la valeur uniquement parce qu’on peut l’acheter: sa valeur réside aussi dans le fait d'attendre et d'économiser, en vue d'acquérir plus tard ce que l’on désire parfois avec une forte intensité. Il ne s'agit pas d’ignorer cet aspect de notre personne, mais d’apprendre à maîtriser la sexualité que Dieu nous a donnée. Le «self-control» m’a été très utile: pas seulement jusqu'à mon mariage, mais tous les jours. Maîtriser sa sexualité, c'est entraîner le muscle de la maîtrise de soi.

La sexualité est-elle un besoin?
Non, le sexe n'est pas un besoin, mais un plaisir. Par contre, nous avons tous besoin d'intimité, d'être acceptés et connectés. Or il existe d'autres manières d'assouvir ces besoins. La pornographie conjuguée à la masturbation ne répond par exemple pas à ces besoins. Et en plus, elle favorise le sentiment de honte.

Que puis-je faire si j'ai déjà eu des relations sexuelles et que je le regrette?
Dieu peut reconstruire toute chose. Nous avons reçu des témoignages de femmes dont l'hymen a été restauré après qu’elles ont demandé pardon à Dieu et prié pour être restaurées. Et même si toutes les femmes ne vont pas l’expérimenter, la restauration intérieure est possible, pour les filles et les gars, qui peuvent vivre comme une nouvelle virginité.

Propos recueillis par Christian Willi

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