Son loisir: entraîneur de foot

image: Son loisir: entraîneur de foot
© Alliance Presse

Aussi de l’analyse vidéo

Bienfait a joué au football pendant plus de cinq ans. C’est d’abord pour gagner de l’argent de poche qu’il a entraîné des enfants à l’école de foot (sorte d’initiation). Quand le club lui a proposé un «vrai» poste, il a hésité. Cela fait maintenant trois ans qu’il est coach pour de «vraies» équipes. Il est aussi expert en analyse vidéo pour les M18. Il filme le match, puis le regarde attentivement et tire des analyses et des statistiques d’équipe et individuelles. Il en discute ensuite avec l’entraîneur et les joueurs, dans le but d’améliorer les performances!

À côté de ses études, Bienfait, 17 ans, est entraîneur de football pour des enfants de 10 à 11 ans. Il fait aussi de l’analyse vidéo avec les M18. Cette aventure lui permet de voir les progrès sportifs de ses protégés, mais aussi de leur enseigner de bonnes valeurs. Lui-même est enrichi par cette expérience. Entretien.

Qu’est-ce qui te plaît dans ce rôle d’entraîneur?
J’aime apprendre de nouvelles choses aux petits. Mais c’est aussi formateur pour moi: j’apprends d’eux, cela me fait grandir d’un point de vue humain et j’y trouve de la joie. Etre entraîneur, cela pousse à prendre des responsabilités, à traverser les échecs et à gérer un groupe. Les joueurs sont tous différents, il faut aborder chacun avec pédagogie, avoir de l’autorité, certes, mais en collaborant avec eux.

La pédagogie est donc une qualité nécessaire pour un entraîneur. En vois-tu d’autres?
Il faut être patient, comprendre par exemple qu’un petit de dix ans peut avoir de la peine à se concentrer, qu’il aussi besoin de jouer, etc. Un bon entraîneur a un bon sens de l’observation, il voit les défauts et qualités de chaque joueur et l’aide à s’améliorer. Par exemple, certains enfants de dix ans sont déjà très sérieux dans leur mode de travail, ils savent qu’ils sont là pour progresser. D’autres sont plus dissipés ou manquent d’éducation.

Et un bon entraîneur fait gagner son équipe, non?
Bien sûr que je suis content quand on gagne un match; mais ce qui me réjouit le plus, c’est de voir que les petits ont assimilé ce que l’on a vu pendant la saison ou l’entraînement! Certains entraîneurs cherchent la victoire à tout prix… et pour leur propre satisfaction. Je pense qu’un bon coach cherche d’abord le bien de son équipe et de chaque joueur. Au début de la saison, je fixe des objectifs collectifs et individuels: ma plus grande joie est de voir qu’ils ont été atteints ou dépassés.

Je suis aussi là pour partager un savoir humain, et le foot est une bonne école: on y apprend le respect de l’adversaire ou de l’arbitre, la discipline, la ponctualité, etc. Je suis assez sévère et j’aime bien l’ordre, mais les enfants le savent et il y a une relation de confiance et de partage. C’est très rare qu’ils fassent la tête!

Si ton équipe perd ou qu’un enfant est découragé, que fais-tu?
Les joueurs ont déjà beaucoup de pression (Bienfait entraîne des sélections, c’est-à-dire les meilleurs de leur âge, ndlr.), surtout de la part des parents. Alors je leur rappelle qu’ils sont là d’abord pour apprendre et que ce n’est pas un match qui va gâcher toute leur carrière. Je les invite aussi à garder les pieds sur terre, même si on gagne beaucoup.

Est-ce que le fait d’être chrétien change quelque chose à ta manière d’entraîner?
Les valeurs que je transmets sont le plus important. Il m’arrive aussi, quand un petit ne va pas bien, de le prendre à part pour discuter, parfois même d’en parler aux parents et de collaborer avec eux pour aider leur enfant.

Par Gaëlle Monayron

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