Femme et ébéniste, why not?

Lauraine a 21 ans et fait un apprentissage d’ébéniste depuis deux ans déjà. Elle travaille dans une entreprise où elle rénove de vieux meubles et en crée de nouveaux.

Le job d’ébéniste est un métier du bois, qui diffère de celui de menuisier, car le travail est plus artistique, plus fin et plus précis. Un ébéniste crée par exemple des meubles sur mesure pour des particuliers, des hôtels ou des entreprises, alors qu’un menuisier travaille plutôt sur des chantiers pour la construction de cuisine, portes ou fenêtres par exemple.

L’amour du bois


Lauraine aime son travail et l’a choisi car elle souhaitait travailler avec ses mains, pour pouvoir dépenser son énergie et parce qu’elle aime le bois, ses couleurs et sa structure. «Il vient de la nature, j’aime son odeur et on peut faire beaucoup de choses avec», s’enthousiasme-t-elle. Elle aime autant le plaqué (assemblages de fines feuilles de bois) que le travail avec des grosses pièces de bois. En effet, en assemblant des feuilles de bois, on obtient un résultat différent à chaque fois.
C’est d’ailleurs un des côtés particulièrement esthétiques de l’ébénisterie. Lorsqu’elle travaille plutôt avec une planche d’un arbre coupé directement par un bûcheron, elle la laisse sécher, l’aplatit, la coupe aux bonnes dimensions, puis l’assemble et fait les finitions d’angles, de forme, de coupe pour construire quelque chose de beau jusque dans les moindres détails.

Une belle autonomie


Sa mission consiste donc à rénover des vieux meubles ou en créer de nouveaux selon un plan. «C’est intéressant de donner une deuxième vie aux meubles, tout comme d’en fabriquer de nouveaux», exprime-t-elle. Le fait de travailler en mouvement, à l’intérieur, dans un atelier, tout comme parfois dehors, sur un chantier, est très motivant pour elle, car elle ne pourrait pas rester assise dans un bureau. La confiance de ses employeurs compte aussi beaucoup à ses yeux. «J’ai souvent des boulots toute seule, où je peux gérer mon travail de a à z. J’apprécie cette vue d’ensemble et l’autonomie. Par exemple, en ce moment je m’occupe seule de la rénovation d’un dessus de piano. J’enlève le vernis, les imperfections, je ponce, je recolle les endroits cassés et après je pose un nouveau placage pour un dessus de piano magnifique et parfait.»

Un métier physique


C’est un travail physique, mais un des rares métiers du bâtiment accessible aussi pour les personnes à la carrure moins musclée, étant donné qu’il y a peu de choses à porter et que les machines ne sont pas difficiles à manier. Machines qu’elle apprécie d’ailleurs beaucoup!
Travailler avec plus d’hommes que de femmes lui convient tout à fait, car depuis son enfance elle a toujours vécu entourée de beaucoup de gars. Elle apprécie particulièrement leur franchise et trouve que cela facilite les relations de travail. Lauraine affectionne aussi beaucoup le dessin technique, qu’elle voit surtout en cours et qu’elle pourra utiliser en entreprise lorsqu’elle aura plus d’expérience. «C’est mon côté matheuse. Dessiner avec précision et lire des plans demande de bonnes connaissances en géométrie et une bonne vision de l’espace.»
Parfois le ponçage est un peu long, ce n’est pas ce que Lauraine préfère, alors elle aime bien entamer plusieurs projets en même temps, pour pouvoir changer dès qu’elle en a marre. Avec ce métier, de nombreuses perspectives s’offrent à elle. Qui sait, peut-être deviendra-t-elle spécialiste en dessin technique ou maître socioprofessionnelle du bois? 
Nathalie Schmid

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