A la recherche d’un conjoint...

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© Alliance Presse

Lorsque la découverte de l’âme sœur ne semble pas se profiler à l’horizon, faut-il passivement attendre ou bien se montrer proactive? Et si c’était un peu des deux? Tour d’horizon.

Quand on leur demande comment ils se sont rencontrés, ils haussent les épaules: «Cela s’est fait naturellement». De nombreux jeunes couples donnent l’impression que leur rencontre leur est «tombée dessus», sans aucune stratégie de leur part. Mais que faire lorsque, pendant des années, cela ne se fait pas «naturellement» alors qu’on voudrait se marier? Faut-il prendre des initiatives, s’inscrire sur des sites de rencontres, comme le conseillent certains amis? Ou au contraire continuer comme avant, en s’attendant à ce que Dieu intervienne?

Proactivité ou attente?
Pour Marion, célibataire de 35 ans engagée dans une organisation chrétienne, la Bible n’oppose pas «la proactivité et l’attente à Dieu. Au contraire, nous sommes appelées à être actives pour réaliser nos projets!» Néanmoins, précise-t-elle, «cette activité doit se faire en sachant que tout vient de Dieu».
Le véritable symptôme d’un manque de foi n’est pas de prendre des initiatives. Dans la Bible, l’exemple de Ruth, qui a demandé Boaz en mariage, est présenté sous un jour très positif. Si elle a fait le premier pas, c’est qu’elle croyait en l’institution de l’époque selon laquelle un proche parent prenait soin d’une veuve, y compris en l’épousant.

La limite à ne pas franchir est plutôt de pécher pour obtenir ce que l’on désire. Dans Gen. 16, Sarah a poussé son mari Abraham à commettre l’adultère pour «aider» Dieu à accomplir ses plans, trahissant son manque de confiance en Dieu, et accessoirement en elle. Sarah ne pensait pas que la promesse faite à Abraham la concernait. Ainsi, raconte Marion, «j’ai vu pas mal de jeunes femmes se mettre en couple avec un non-chrétien parce qu’elles pensaient que Dieu n’était pas capable de leur trouver un chrétien qui leur plairait. Là le manque de confiance est criant.»

A quoi ressemble la confiance en Dieu?
Mais que pouvons-nous attendre de Dieu dans le domaine du mariage? «Avoir confiance en Dieu, ce n’est pas avoir confiance dans le fait qu’il va nous donner un mari, mais plutôt croire qu’il va nous donner tout ce dont nous avons besoin pour être heureuses et pour ressembler davantage à Jésus-Christ», nuance Marion. Si Dieu, en les créant, a ordonné à l’homme et à la femme de se multiplier, le mariage n’est plus une obligation dans le Nouveau Testament. Ce constat ne doit pas faire peur à celles qui y aspirent. Rien, dans la Bible, ne permet de penser que Dieu est indifférent aux peines de cœur féminines.
Pour l’apôtre Paul, c’est très simple: une veuve «est libre de se marier avec qui elle veut, mais que ce soit dans le Seigneur» (1 Cor. 7, 39). Alors posons-nous la question: Comment quelque chose de si banal est-il devenu si compliqué pour nous?

Fine bouche ou confiance?
Dans certaines Eglises, où l’on constate un déficit d’hommes chrétiens, on encourage les femmes célibataires à abandonner leurs aspirations ou à être «moins exigeantes», afin de leur éviter des déceptions. Mais où trouvera-t-on l’élan pour construire avec quelqu’un qui ne nous attire pas? En raison de leur histoire personnelle, d’autres sont paralysées par la peur de l’échec ou des hommes. Et enfin, de nombreuses femmes chrétiennes, encouragées à privilégier l’intérieur et les bonnes œuvres, ne se plaisent même pas à elles-mêmes. Comment, dans ces conditions, accrocher le regard de l’autre, ou prendre le risque de montrer à un homme qu’il nous plaît?

La confiance peut se travailler à différents niveaux: Marie s’en est ouverte à des chrétiens plus âgés qui la soutiennent avec bienveillance dans la prière, convaincus qu’elle est une jeune femme attirante. Elle a aussi accepté d’investir dans son apparence physique, de se lancer dans des nouveaux projets professionnels valorisants mais risqués. Depuis quelques temps, elle se plaît beaucoup plus et ne se sent plus invisible aux yeux des hommes. Ses expériences sur un site de rencontres chrétien international ne l’ont pas conduite au «prince charmant». Cependant, en osant aborder certains qui lui plaisaient tellement qu’elle les croyait inaccessibles, elle a découvert qu’ils étaient des «êtres humains» comme elle. Ces échecs ont paradoxalement renforcé sa confiance en elle. Elle a aussi compris que Dieu ne l’avait pas oubliée.

Ainsi, en assumant son désir de se marier et en prenant des initiatives, il est possible de vivre cette attente sereinement, dans la confiance en Dieu.

Par Celia Evenson

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