Nos priorités devraient nous prendre du temps!

La chronique RelationnElles d'Anlo Piquet

Ce soir je suis tranquille avec mon plateau-télé. Mon mari joue au foot, mes fils sont chez leur papy et le bébé s’est enfin endormi. Je jubile devant mon programme préféré dans lequel des cuisiniers s’affrontent en préparant des plats délicieux. C’est mon moment à moi, une fois par semaine, qui m’attire quelques sourires moqueurs, mais tant pis, ça me détend. Ce soir, l’un des candidats, en larmes, se livre aux caméras à propos de ses enfants: «Ils sont tout pour moi, ils sont ma priorité. Hélas à cause de mon métier de cuisinier je ne les vois jamais.» Et me voilà reniflant dans un mouchoir de toute mon empathie émotive.

Quand l’émission se termine, je reste immobile, télécommande à la main face à l’écran noir. Je repense à ce candidat qui m’a émue aux larmes. Comme beaucoup j’imagine, je m’identifie à ce qu’il dit. Combien de fois ai-je vécu le déchirement de m’éloigner du foyer pour répondre à des obligations, que ce soit le travail, les activités, l’église…? Et pourtant ma famille est ma priorité. Une question s’impose alors: que veut dire «priorité»? La chose la plus importante à laquelle j’accorde le temps qu’il me reste? Ou bien: la chose la plus importante à laquelle j’accorde le meilleur de mon temps?«Mes enfants sont ma priorité, mais hélas je ne les vois jamais», me semble désormais aussi bizarre que «J’ai besoin d’air pour respirer, mais hélas je suis en apnée».

Soudain, cette pensée vient éclairer certains choix auxquels je suis confrontée. Je ne peux m’empêcher de sourire en pensant que tout cela est né d’un moment de détente. C’est dans la détente qu’on est disponible pour la remise en question, pas quand on a la tête dans le guidon!

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