Quand la nourriture devient une obsession

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Les TCA, ça te parle? Ce sont les troubles du comportement alimentaire, comme l’anorexie et la boulimie. Eléments de décryptage.

Les TCA sont des maladies où tout part du cerveau. Il est dès lors important de guérir le problème à la racine avant de vouloir se guérir physiquement. Pour la plupart, c’est jeune que ces crises alimentaires se développent à cause d’une enfance ou adolescence mêlée d’enchaînements d’épreuves difficiles à supporter.

Une pulsion incontrôlable
La boulimie est un mécanisme qui se déclenche après une pulsion incontrôlable qui consiste à ingurgiter une très grosse quantité de nourriture. Il n’est pas synonyme de plaisir ou de gourmandise, c’est au contraire une obligation. Puis, il y a un processus où la personne a envie d’éjecter tout ça par différents moyens: vomissements, laxatifs, excès de sport.
Antonin raconte qu’il ne contrôlait plus son corps. Il avalait des quantités astronomiques de nourriture et prenait du poids. «A chaque crise, je n’arrivais plus à m’accepter, à tel point que je provoquais des vomissements. J’étais submergé par un sentiment de honte et de culpabilité au point de pleurer après avoir vomi. J’étais dans une détresse énorme jusqu’au jour où j’ai vomi du sang. Ce fut mon déclic.»

La maladie de la maîtrise
L’anorexie est une obsession qui consiste à vouloir toujours maigrir et peser moins. Sans aucune limite… «On voit que l’on se détruit mais c’est plus fort que tout. C’est un cercle vicieux», raconte l’actrice Pauline Delpeche qui a témoigné dans plusieurs médias.

C’est la notion de contrôle qui est en jeu: la personne trouve du plaisir dans le fait de se libérer de ses kilos en trop et ainsi de se sentir forte et libre. C’est une manière de combler le vide en ayant la sensation d’un objectif atteint.

Ces troubles ont un grand impact sur la vie et sur la santé. La vie sociale tourne autour des crises car la nourriture devient une obsession. Que ce soit pour se priver et ne rien avaler, ou manger de grosses quantités et se vider après; dans les deux cas l’isolement et le mensonge sont durs à vivre.

Il est possible de ne plus souffrir
«J’avais besoin d’exister et j’avais le sentiment très fort que ce que j’étais ne suffirait jamais. Lorsque j’ai accepté de dire que j’étais malade, j’ai avoué qui j’étais. C’est en étant dans la vérité, que l’on se donne l’opportunité de s’en sortir vraiment», témoigne Pauline Delpeche.

Dans ces situations, il faut attaquer le problème par plusieurs bouts en faisant appel à des spécialistes: diététicienne, ostéopathe/psychomotricienne ou psychologue. «Pour sortir de la souffrance, il faut croire que c’est possible de s’en sortir et que les proches combattent avec nous sans jugement. Au fur et à mesure des efforts, du temps qui passe, du soutien reçu et de l’espoir gardé, il est possible d’arriver à retrouver la gaieté et le bien-être», raconte Sophie, qui a su sortir de la boulimie et de l’anorexie.

Delphine, une autre ancienne anorexique qui pesait 25 kilos à 19 ans, a aussi pu compter sur les spécialistes et sur ses proches pour guérir, mais également sur Dieu. Aujourd’hui, elle dit que cette épreuve lui a confirmé que Dieu ne nous abandonne jamais. «Même quand on a le sentiment que tout est fini, il est là.»

Joëlle Lehmann

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