«Tu es perdu sans Jésus-Christ»

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© Alliance Presse

Juillet 2009, Konjic, Bosnie-Herzégovine. Une équipe de jeunes Français sont en mission humanitaire. Ils viennent s’occuper d’enfants. Le soir, ils profitent de rencontrer des jeunes du coin. Quelques-uns sont intrigués par la présence de ces Français. Parmi eux se trouve Aden*, vingt et un ans. Ce Bosniaque a déjà vécu beaucoup de choses difficiles pour son âge dans un pays qui a connu une terrible guerre civile.

Aden a cinq ans au début de la guerre. Son père est fait prisonnier. La famille doit attendre trois mois pour avoir les premières nouvelles. Heureusement, il est en vie et en bonne santé, mais il faut traverser le pays pour aller le rejoindre. La famille se réunit et commence une nouvelle vie, à Konjic, justement. Mais le papa changé. Il a vu trop d’horreur pendant la guerre. Et il bat femme et enfants.

Aden a alors quinze ans. Il a commencé à boire et à consommer de la drogue. Il arrête ses études et se bat avec son père, jusqu’au jour où il n’en peut plus et quitte la maison.

Quelques années plus tard encore, il apprend que sa mère, la seule personne qu’il aime encore, est morte, il sent le sol s’ouvrir sous ses pieds. Tout en lui devient noir. Il forme alors le projet de se suicider. Une des tentatives le laissera trois jours dans le coma.

Annonce de l’Evangile franco
C’est peu après qu’il rencontre les chrétiens français. Il a repris le lycée pour honorer le vœu de sa mère, mais à côté de cela, sa vie, ce sont les petites magouilles et l’alcool. Christelle, qui a le même âge qu’Aden, lui parle franco: «Sais-tu que Dieu t'aime, même si tu es un pêcheur?». C'est la première fois qu’on lui parle de la sorte.

«Comment Dieu peut-il encore continuer à m'aimer?», interroge Aden. Un membre de l’équipe française, bien plus jeune, lui répond: «Jésus-Christ est mort pour nous, pour payer à notre place et pardonner nos péchés». Ces paroles touchent le jeune Bosniaque profondément. Il commence à ouvrir son cœur. Les jeunes chrétiens lui offrent une Bible dans sa langue maternelle, puis prient avec lui.

En lisant l'Evangile de Jean, Aden rencontre Dieu personnellement. Il se sent libéré de tout le poids du passé. En repensant à toutes ces années difficiles, il voit la protection de Dieu à chaque étape, lorsque sa famille marchait dans l’hiver glacial pour aller rejoindre leur père, sans les bons habits ou lorsqu’il voulait en finir avec la vie. C'est le début d'une nouvelle vie pour le jeune homme. Il trouve une Église qui mélange Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes, Gitans et Américains : un signe magnifique dans un pays déchiré. Il commence des cours pour mieux comprendre sa nouvelle fois et se fait baptiser.

Retour de flammes
Mais cet engagement n’est pas sans conséquence. Son meilleur ami lui crache à la figure. D’autres le menacent de sérieux ennuis. Son père, gagné par le déshonneur (en islam, lorsqu’un membre de la famille devient chrétien, c’est une grande honte pour tous), fait à son tour une tentative de suicide. Aden est le seul dans sa ville mais il s’accroche: «Les ténèbres veulent me reprendre. Ils agissent au travers de gens de mon entourage. Mais malgré eux, je tiens bon». Et il conclut: «Mieux vaut mourir en croyant que vivre sans la foi.»
*le prénom a été changé

Dodo des Îles

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