Humble… vraiment?

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Les deux dominateurs du tennis mondial
sont des exemples d'humilité.

La crainte d’être orgueilleux peut nous pousser un pas plus loin que l’humilité: vers la fausse humilité. La différence entre les deux? La première est ancrée dans la vérité, l’autre dans le paraître

La conception qu’il ne faut pas trop sortir du lot, que l’orgueil nous guette à tous les coins de rue, scènes d’Eglise, postes à responsabilités ou exercices de nos dons, est bien enracinée, peut-être trop bien. «Si tu chantes sur scène, n’en fais pas des tonnes». «Si tu es responsable de ton groupe de jeunes, ne montre pas trop d’autorité». Souvent, nous sommes les premiers à brandir au-dessus de nos propres têtes le drapeau «attention, orgueil, danger»!

Ne sommes-nous pas les champions du «oui, mais»? Ça marche comme ça: «Oui, je crois que Dieu m’a donné un don, mais je ne le crie pas trop fort et surtout, je n’oublie pas de dire qu’en fait, je suis un raté». De l’humilité? Pas vraiment. Ce trait est fort dans la culture francophone, qui est portée à la critique.

Besoin de compliments
Derrière cette manière de fonctionner, nous cachons souvent un désir de reconnaissance et d’approbation. On feint l’humilité pour attirer en réalité des compliments. «Le flyer que j’ai préparé pour la soirée est vraiment pas terrible» - «Mais non, il est génial!» - «Tu trouves?». Qui d’entre nous n’a jamais fait ça? C’est très humain et c’est difficile de sortir complètement de ce genre de fonctionnement. Être approuvés et encouragés fait partie de nos besoins les plus profonds. C’est une manière un peu biaisée d’y parvenir, mais elle est compréhensible.

Néanmoins, il y a quelque chose à gagner à découvrir la différence entre la fausse modestie et la vraie humilité. Dans une attitude de vraie humilité, nous arrêtons de nier systématiquement tous nos bons côtés. Nous pouvons avoir de l’assurance sans avoir de l’orgueil. Pour le flyer, dire simplement que nous sommes satisfaits de notre travail tout en étant ouvert aux améliorations.

Reconnaître ses forces
Savoir reconnaître et assumer ses faiblesses est une force. Savoir reconnaître et assumer ses forces également. Prenez les deux grands rivaux du tennis actuel: Roger Federer et Rafael Nadal, deux modèles en la matière. Quand ils sont bons, ils le disent. Quand ils sont mauvais, aussi. Ils parlent de leurs adversaires avec respect. Ils savent qui ils sont. Le fait qu’ils parlent avec assurance de leur propre talent ne choque pas. Les faits le confirment.

J’ai une amie qui est l’exemple parfait de la vraie humilité. Elle connaît ses qualités et sait le dire: sa capacité d’analyser les gens, les événements, son discernement spirituel, ses dons artistiques, etc. Et ces qualités, elle les développe, les travaille, les exerce. Elle ne se pose pas des questions sans fin sur sa valeur. De l’autre côté, quand elle se plante, elle n’a aucun mal à le dire, en toute sincérité. Voilà qui fait d’elle une personne pleine d’assurance.

La bonne manière
Cette assurance a quelque chose de désarçonnant. En effet, nous n’avons pas vraiment l’habitude d’être ainsi! Mais c’est la bonne attitude, parce qu’elle est ancrée dans la vérité.

En tant que chrétiens, nous avons une raison supplémentaire d’être humbles: nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes. Nous n’avons aucun mérite pour les qualités que nous avons reçues ou non. Tout dans notre personnalité nous a été donné par Dieu. Reconnaître nos qualités, c’est une manière de reconnaître l’œuvre du Créateur.

L’apôtre Paul le dit de cette manière dans la Bible: «Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur» (2 Cor. 10,17). Il n’interdit pas de se glorifier, étonnant non? Il dit simplement qu’il y a une bonne manière de le faire.

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