Tout ce que je voulais, c'était être aimé

Juan avait ce qu’il voulait. Mais une relation amoureuse hasardeuse a fait plonger cette graine de star, jusqu’à ce que Dieu le relève.

«Depuis que je connais Dieu, il a changé les domaines sombres de ma vie, un par un. Je suis encore en chemin. Mais son œuvre en moi est incroyable. Avant je n'avais pas de but autre que le sport de haut niveau, pour ma propre gloire. Maintenant, ma vie a un seul but: le servir et le glorifier». Juan, vingt-quatre ans, est quelqu’un de passionné et d’entier.
Lucide, il parle de son parcours sans l’enjoliver. «Ma mère connaissait mon géniteur depuis cinq mois quand elle est tombée enceinte de moi. Il a trahi ma mère et nous a abandonnés». Six ans plus tard, sa mère se marie et il est adopté par son beau-père. Mais la nouvelle famille connaît son lot de tensions.

Caïd
Vers l’âge de quinze ans, il se métamorphose. «Je suis passé du gars à lunettes d’un mètre cinquante de haut, dont on se moque à un gars d’un mètre quatre-vingt, cheveux longs et sûr de lui. Je n’avais besoin de personne. Les gens me respectaient», raconte Juan. Ses talents de footballeurs lui permettent de rêver à une carrière pro. Il commence à sortir en boîte et bénéficie d’une certaine notoriété locale.
À 17 ans, il rencontre alors une fille. Leur relation le coupe de tout ce qui fait son monde (foot et sorties) et devient fusionnelle. Au bout d’une année, c’est la rupture. Juan est au fond du trou. Avec des envies de mourir, il cherche à oublier et se jette à corps perdu dans les fêtes, l’alcool, les relations sans lendemain. Coma éthylique, arrêt cardiaque: il évite de peu le pire. «Tout ce que je voulais au fond, c’était être aimé. Je voulais retrouver un sens à ma vie», réfléchit Juan.

Le témoignage d’un oncle
C’est là que son oncle commence à lui parler de Dieu. Or, cet homme avait jusque-là un comportement tout aussi discutable que le sien. Mais il avait changé. Intéressé quoiqu’un peu sceptique, Juan le suit dans une Église. «Ma première impression, c’étaient que ces gens étaient de grands “allumés”. Mais je suis revenu. J’ai commencé à faire quelques pas de foi. Pourtant, abandonner mon ancienne vie était au-dessus de mes forces», raconte-t-il.
En août 2004, deux ans plus tard, il se rend à une soirée où on pratique la guérison divine, toujours avec son oncle. Juan est choqué et il décide de le dire publiquement. «Mon côté rationnel», explique-t-il. Mais, étonnamment, il est comme scotché sur place. Juan raconte la suite: «Deux femmes sont venues et m’ont dit qu’elles priaient pour moi depuis que j’étais entré dans la salle. Elles m’ont demandé si je voulais donner ma vie à Jésus. J’ai dit oui». Guidé par son oncle et ces deux chrétiennes, Juan pardonne à ceux qui l’ont blessé intérieurement. Des émotions accumulées depuis toutes ces années sortent d’un coup. Le caïd est à genoux. «Ça a été une vraie rencontre avec Dieu», appuie le jeune homme.

Nouvelle vie
Petit à petit et avec l’aide de Dieu, il tourne le dos aux boîtes et à la bouteille. «Je me suis mis à fréquenter l’Église. Au début, je me forçais, puis j’ai commencé à avoir du plaisir. Je dévorais la Bible, j’étais passionné».
En avril 2005, il se fait baptiser. «J’ai trouvé en Dieu un père. Je ressens sa fierté, son approbation. Il m’éduque aussi: il me montre les choses avec délicatesse, et quand il faut, ça y va plus fort. Mais Dieu ne nous demande jamais de tout changer d’un seul coup». Depuis lors, Juan s’investit pour Dieu. «J’aime vraiment les jeunes. J’ai une affection particulière pour ceux qui ne connaissent pas Dieu. Je peux leur dire que le bon chemin n’est certes pas le plus facile, mais qu’il en vaut vraiment la peine». Juan a connu des hauts et des bas et a pris des distances avec l’Église pendant un temps, pour y revenir ensuite. Évangélisation, rédaction, même le foot qu’il a retrouvé, mais dans un tout autre esprit. Il est le capitaine d’une équipe confessionnelle. Juin 2008, il à été sélectionné dans l’équipe nationale française de «Sport et Foi». Il a aussi organisé des matches contre des prisonniers. «On a l’occasion d’être un témoignage, y compris sur le terrain. Mes dons servent maintenant à glorifier Dieu», conclut Juan.

Natasia
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