Personne n'est irrécupérable pour Dieu

Christian vivait sous les ponts et il avait même demandé à ses potes de régler son compte à son père. Aujourd’hui, il se forme pour travailler dans un milieu chrétien. Un sauvetage remarquable

A seize ans, la vie de Christian est chaotique. Après une enfance difficile, ce jeune Suisse est propulsé dans la cour des grands. C’est la dure loi du préau: «Fight ou crève!». Tags, bastons, cambriolages et drogues sont son menu quotidien. Il a la haine. Mais chaque jour, fidèlement, ses grands-parents prient pour lui. Ils demandent à Dieu de le rencontrer dans ses galères. Christian, lui, s’en tape: «Je n’ai besoin de personne!», leur renvoie-t-il.

Première prière
C’est dans un sous-sol d’école qu’il touche le fond. Il réalise que sa vie ne peut plus continuer ainsi. Malgré son jeune âge, il est déjà à la rue. La relation avec son père, marquée depuis toujours par des violences, est devenue invivable; il a fui la maison. Y aurait-il un espoir pour lui? Le SPJ (protection des mineurs) lui a ouvert un dossier et lui cherche une famille d’accueil. L’alternative, c’est la prison pour mineurs.
C’est sa première prière: «Dieu, pas la prison!». Mais ses accès de violence redoublent. Un jour, il prend un bidon d’essence, le répand autour de la maison de son père, absent pour la journée. Sa copine le retient. Il change alors de plan: il appelle tous ses potes et leur donne la mission suivante: «Si vous croisez mon père, frappez-le jusqu’à ce qu’il crève». Pris de panique, le père ne sort plus de chez lui. Il déménagera même à l’autre bout du canton.

Accueilli en famille
C’est un oncle et une tante de Christian qui décident de se battre pour lui et de le prendre chez eux. Il a trouvé sa famille d’accueil. Dieu aurait-il répondu à son cri? L’oncle et la tante s’occupent de lui: ils lui donnent un cadre, lui redonnent goût à la vie et sont pour lui des exemples. Ils lui parlent de Dieu d’une manière toute nouvelle. Ce Dieu qui veut lui donner un avenir meilleur et qui l’aime comme un père. «Père»? Un Dieu qui l’aime, peu importe ce qu’il fait, qui s’intéresse à lui. Christian décide de changer de camp. Il s’accroche à cette promesse d’amour et de paix, lui demande pardon et lui remet sa vie entière. Selon Christian, «les prières de mes grands-parents doivent y être pour quelque chose!». Jour après jour, il apprend à pardonner à tous ceux qui lui ont fait du tort et à les aimer comme Jésus l’a aimé.

Un message à partager
Aujourd’hui, Christian a un message pour les jeunes de la rue, pour ceux qui n’ont plus d’espoir. Il aime leur parler de ce qu’il a vécu et surtout de la place que Dieu a dans sa vie. Il leur redonne un espoir et les encourage à prendre la main que Jésus leur tend.
Quatre ans après avoir échappé de justesse à la prison, Christian a fait du chemin. Il effectue un stage d’une année dans l’Eglise ICF de Genève, dans le domaine de la technique et de l’accompagnement de plus jeunes que lui. En parallèle de ce stage, Christian suit une école de préparation au travail en Eglise, la Factory. Dans quel but? «Je veux que Dieu m’utilise. Où? Je n’en ai aucune idée! Mais Dieu le sait!»

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