Cherche bons gestionnaires

Un formateur qui veut des chrétiens influents

Que les chrétiens deviennent de bons gestionnaires des biens qui leur sont confiés est aussi important que la prière ou la louange. Tel est l’avis des formateurs des deux week-ends, Kurt et Liz Bühlmann. «Ces thèmes font partie de la vie nouvelle qu’offre Jésus à ceux qui le suivent. Etre gérant de la terre, c’est retrouver la vocation première donnée à l’humanité. Avec un Dieu illimité, les chrétiens devraient avoir plus d’influence», plaide Kurt Bühlmann.

Cet ancien millionnaire a trouvé le chemin de la foi à l’occasion d’une faillite. Depuis, il anime des formations à une vision biblique de l’argent et de l’économie.
En mars 2009, par exemple, il était convié par une centaine de banquiers zurichois à analyser les raisons de la crise actuelle.

Pour lui, il est cependant essentiel de mettre les choses à leur place: «Dieu ne veut pas juste nous donner du cash. Il est comme un banquier: il veut savoir l’utilisation que nous comptons en faire, l’intérêt et les risques de notre projet et si nous sommes fiables avant de nous confier des biens.
C’est seulement dans la mesure où nous sommes de bons gérants qu’il peut nous donner davantage».

Le formateur conclut: «Trop de gens ont encore une mentalité de propriétaires, au sens où ils gèrent leurs ressources sans Dieu. Un gérant a une mentalité de serviteur.»

Les groupes de jeunes chrétiens d’une même région ont organisé un séminaire sur la gestion des finances du point de vue biblique.

Manu, dix-neuf ans, cherche un appartement pour emménager avec un pote. Il souhaite dorénavant viser plus haut que le minimum, même si son budget est serré. «Si c’est pour accueillir du monde, servir un projet plus large que mon confort, alors c’est ok pour Dieu, je suis prêt à faire un acte de foi». Voilà un des fruits d’une activité d’un type nouveau organisé par le groupe Interjeunes, en Suisse romande: un séminaire de formation à la gestion des finances, sur deux week-ends, vécu à fin janvier.
Les participants que nous avons contactés se disent enchantés et boostés. La Bible parle-t-elle beaucoup d’argent? Dois-je donner la dîme sur un héritage? Est-ce de leur faute si des chrétiens restent pauvres? La palette des thèmes abordés était large, allant de l’individu à l’économie globale en passant par l’entreprise. Appelés à se responsabiliser par rapport à leur gestion de l’argent, les vingt-cinq participants ont aussi découvert que c’est un domaine où ils pouvaient beaucoup plus impliquer leur foi.

Ne plus limiter Dieu
«Je vais maintenant noter mes dépenses, étudier ma situation pendant trois mois et faire une évaluation de nos besoins», rapporte Joël, vingt-deux ans, qui vient de terminer HEC. Il a fait le cours avec sa fiancée. Formé en économie, il dit pourtant avoir découvert des fondamentaux différents: le système financier fonctionne sur un mode acheter-vendre et Dieu, à l’inverse, sur un mode donner-recevoir. Joël confie avoir été sensibilisé à l’utilité, non seulement de penser plus à sa gestion de l’argent, mais aussi de prier pour elle: «Il y a de grosses dépenses qu’on peut malgré tout consentir pour Dieu et des petites pour lesquelles il n’est pas non plus interdit de chercher son conseil». «En fait, je croyais que c'était la dîme pour Dieu et le reste pour moi. Mais tout appartient à Dieu. Et tout peut être mis à son service en cherchant sa volonté», confirme Manu. «J’ai appris pendant ce week-end à ne plus limiter Dieu».
Sandy, psychomotricienne de vingt-quatre ans, retient le rappel de choses toutes simples, comme l’honnêteté sur son lieu de travail, rien que dans le matériel de bureau qu’on emprunte aux collègues. «Le domaine financier influence notre manière de gérer notre vie entière. C’est pour ça qu’on a aussi parlé du couple, de guérison, de l’importance d’une relation avec Dieu, de chercher les forces en lui, même si c’est difficile», rapporte encore la jeune femme.

Développer les formations
Fabien Besson, responsable de groupe de jeunes et organisateur de l’événement, commente pour sa part: «Dans les milieux chrétiens, on entend surtout parler de dîme et d'offrande, mais cela ne touche pas à la manière dont je gère mon argent aujourd'hui». Sa démarche de janvier était donc plutôt inédite. Mais au vu du résultat, Fabien Besson se dit qu’il va renouveler l’expérience. «On a de plus en plus envie d’équiper les gens dans des domaines pratiques», conclut-il. Sans doute que ce premier séminaire de formation donnera des idées à d'autres.

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