Ils ont réalisé leur rêve d'enfance

Découvrez trois témoignages sur ce sujet

Appelé à dix ans, devant la télé
Matthieu est assis devant la télé avec son papa. Il regarde un documentaire réalisé pour la célèbre course dans le désert, le Paris-Dakar. Ce petit garçon de dix ans est captivé par ce qu’il regarde. Il est touché. Il voit des enfants de son âge, contraints de mendier dans la rue pour obtenir quelques misérables pièces. Ces pièces, il l’apprendra par la suite, ils doivent en plus les remettre à leur marabout, leur maître spirituel musulman. Ces enfants sont des jeunes talibés. Alors qu’ils suivent une école coranique où la discipline y est extrêmement rude, plusieurs d’entre eux s’enfuient et sont obligés de lutter pour leur survie. Ils dorment dans la rue avec quelques-uns des milliers d’autres enfants de Dakar qui sont dans leur situation. Matthieu n’a qu’une idée en tête: «Un jour, je gagnerai à la loterie et j’irai trouver ces enfants. Avec l’argent, je leur construirai une belle maison pour qu’ils puissent avoir tout ce dont ils ont besoin!». Matthieu réalise que ces enfants ont le même âge que lui et qu’ils n’ont pas eu sa chance.

Mais le temps passe et Matthieu perd de vue ce rêve d’enfant. Pourtant, à dix-huit ans, il rencontre un homme qui lui parle du travail de ses parents auprès des talibés. Il se souvient de ce rêve d’enfance et le feu est ranimé dans son cœur. Une année et demi plus tard, les portes s’ouvrent et il peut partir sept mois à Dakar. Il y travaille dans un foyer qui recueille des enfants de la rue, leur donnant désormais accès à une éducation basée sur la Bible.

A la question «as-tu réalisé un rêve d’enfant?», Matthieu répond: «Non, mon rêve n’est pas encore réalisé. Mais j’ai fait un pas dans la bonne direction. Mon rêve n’était pas seulement de rencontrer ces enfants». Ce Suisse de dix-neuf ans a compris beaucoup de choses durant son séjour au Sénégal. Un rêve ne se réalise pas en un claquement de doigt; il faut du temps, de la patience et que les portes s’ouvrent.

Une phrase illustre bien l’histoire de Matthieu: «Dieu n'appelle pas des gens qualifiés, il qualifie des gens appelés». Matthieu a aussi compris que dans tout rêve humain, il y a aussi une part humaine qui doit être retranchée: il plane par exemple un sérieux doute sur l’idée qu’il gagne à la loterie pour financer un projet au Maroc. Cela nous encourage à tout remettre entre Ses mains. Nos rêves, nos désirs, et même nos certitudes.

Letty Greneille


Je serai artiste de cirque ou rien
Depuis toute petite, Bettina rêve d’être clown ou acrobate, de partager la vie des gens du cirque et de partir en tournée. Dans sa famille, qui est chrétienne, ses aspirations sont difficilement acceptées. «Comment vivre sa foi dans un tel milieu?», se questionnent ses parents. Finalement, Bettina reçoit le feu vert parental pour rejoindre Chrysalide, une troupe d’enfants du Jura suisse qui se produit en spectacles. Elle a alors douze ans et s’initie avec joie au mime et à la danse.
Au moment de choisir une orientation professionnelle, elle opte naturellement pour un lycée en arts visuels. Intéressant, mais pas assez corporel pour elle. Son rêve d’enfant ne la quitte pas : à dix-huit ans, diplôme en poche, elle tente le concours d’entrée à l’école de cirque Dimitri, au Tessin. C’est l’échec! Et un grand moment de découragement: «Jamais je ne ferai ce métier…», se désole Bettina. Elle tente alors la voie du social, mais jette rapidement l’éponge. Elle part alors en voyage et loin de son pays, prend la décision de persévérer, de tenter encore d’entrer dans d’autres écoles de cirque, si Dieu valide son choix. Premier concours, premier succès: elle signe pour une formation de trois ans en «théâtre de mouvement» à l’institut Comart de Zurich. Elle est acceptée mais gardera de cette formation un sentiment mitigé: car elle a dû mettre sa foi en sourdine pour garder sa place.
Aujourd’hui qu’elle est professionnelle, Bettina est partie en tournée avec un cirque, a joué dans une comédie musicale chrétienne, s’est produite dans la rue et devant les publics les plus variés. Son avenir n’est pas tout tracé: «Le rêve s’est transformé au fil du temps», explique Bettina. «Je sais que Dieu m’appelle à travailler dans le milieu artistique, plutôt dans des troupes chrétiennes. Je crois fermement que l’on peut lier foi et prestations de qualité.»

Schoussette


Utiliser ma passion pour Dieu
Le sport, Jean-Pascal Charpilloz est tombé dedans quand il était petit. Maman avait fait de l’athlétisme à haute dose et papa des compétitions de course à pied, notamment un concours pour aller aux jeux olympiques. L’autre dada de la famille, c’était l’engagement chrétien: les parents sont officiers de l’Armée du salut, c’est-à-dire pasteurs. L’Armée du Salut, justement, est très portée sur la fanfare, la chorale et les spectacles. Jean-Pascal Charpilloz, aujourd’hui 27 ans, se souvient des camps de musique de son enfance où l’on ne sortait qu’une demi-heure par jour. Celui qui était premier de classe à la gym, qui aimait le grand air et se dépenser physiquement devenait fou. «Trouver ma place n’a pas été facile », reconnaît-il. «Depuis tout petit, j’ai fait cette prière à Dieu: “Utilise-moi là où je suis bon”». En grandissant, c’est dans la grimpe et le ski qu’il se trouve. De se former dans le domaine du sport et de la psychologie s’impose naturellement à lui.

Parallèlement, il skie énormément, l’hiver en Europe, l’été dans les Andes, en Amérique latine. Sa discipline, c’est le freeride ou ski-alpinisme, option marketing. Il fait beaucoup de séances photos, monte des reportages, reçoit des appels de sponsors et se fait un nom dans le milieu. Son succès l’interroge. Mais ses proches l’encouragent: il y a un sens à cela. Servir Dieu? Jean-Pascal Charpilloz va le faire de plusieurs manières. Premièrement, en montant un film rien qu’à lui, cette fois: le court-métrage «White Way» est une fiction qui présente l’Evangile dans le milieu du freeride. Sorti en mars dernier, il a reçu un bon accueil parmi les riders et a conduit ses auteurs sur plusieurs plateaux télé. Deuxièmement, il est un témoin parmi les skieurs. «C’est un milieu qui te vend du rêve: il y a beaucoup d’apparence et de séduction. Les gens sont très portés sur la spiritualité, mais plutôt style Pacha Mamma ou la Fée des neiges. Comme ils savaient que je suis chrétien, ils me posaient souvent des questions», raconte Jean-Pascal Charpilloz. Le freeride se pratique toujours à deux (pour s’entraider en cas de pépin) et c’est aussi l’occasion de partages en vérité sur les pentes et les cimes. Enfin, vu son expérience et sa notoriété, Jean-Pascal Charpilloz en profite aujourd’hui pour donner quelques repères. «Avant, j'avais les crocs, je voulais réussir, mais c'était pour ma propre gloire, je faisais fausse route. Je peux dire aux jeunes: “Faites attention, centrez-vous plutôt sur Dieu”», conclut-il.

El Ramon

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