Pourquoi les séries télé nous scotcheront toujours

Esprit critique

Aiguiser son esprit critique face à ce qu’on regarde, aux séries notamment, est plus que jamais nécessaire. Quelques bonnes questions à se poser:
- Que m’apprend le nom de la série? Des titres comme Californication, Sons of Anarchy ou encore Sex and the City devraient nous alerter sur la teneur du message.
- Qu’est-ce que je sais sur cette série? Se renseigner avant de visionner peut éviter de mauvaises surprises. Une série comme Nip/Tuck a une trame médicale mais le thème de la sexualité y est omniprésent.
- Comment je «consomme» une série? Est-ce que mon esprit reste vigilant ou suis-je prêt(e) à gober n’importe quoi?
- Quel discours me délivre-t-on? Va-t-il à l’encontre de mes principes ou de mes convictions?
- Suis-je vraiment sûr (e) de vouloir regarder ces images? Quels effets vont-elles avoir sur moi? La sagesse biblique nous enseigne-t-elle pas que «l’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres» (Evangile de Matthieu, chapitre 6, verset 23)?

Les 10 règles d’or du bon scénariste
• L’art de la répétition
• Le récit comporte une quête ou un processus de transformation du héros
• Une entrée en matière directe
• Une trame logique
• Un récit en crescendo jusqu’à un point culminant
• Des traits de caractère des personnages cohérents avec le récit
• Différentes gammes de sentiments et d’émotions
• Un personnage principal pas totalement méchant
• L’intrigue avance en se complexifiant (dans Dexter, on compte trois intrigues en parallèle)
• Un mélange des genres (Desperate Housewives marie comédie familiale et série criminelle)

Les séries cartonnent. On les aime parce qu’on s’identifie aux personnages ou au contraire, parce qu’ils sont ce que nous ne serons jamais. Le récit, bien ficelé, suscite notre curiosité ou assouvit notre besoin d’évasion.

Le 13 octobre 2010, dix millions de téléspectateurs ont suivi Le Mentaliste, sur TF1. Le soir du match France-Luxembourg, Desperate Housewives a quand même attiré quatre millions de fans sur M6 alors que 9,4 millions regardaient le foot. Les séries se vendent par coffret de DVD, histoire de se «refaire» la dernière saison de sa série préférée en un week-end. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de séries-cultes!

Décryptage
Trois raisons expliquent le succès des séries, selon Gianni Haver, professeur de sociologie de l’image à l’Université de Lausanne. Premièrement, un tournant a eu lieu dans les années 90. Avant, la série suivait un récit linéaire qui ne nécessitait pas de suite. Les choses ont commencé à changer lorsque des chaînes américaines câblées se sont mises à produire des séries pour leurs abonnés. Afin de les fidéliser, elles ont conçu des scénarios avec une double trame: un récit limité à l’épisode et un récit impliquant une suite.
De plus, elles ont abandonné le style «telenovelas», qui privilégiait les dialogues, pour plus de mouvement et d’action. Ce qui implique nécessairement de plus gros budgets.
Troisième raison, elles sont sorties de la logique du «tout public» pour proposer des séries «spécialisées» dans des univers variés: médical, informatique, policier, aventure, etc. Entre 1999 et 2007, The Sopranos (un père de famille s’implique dans la mafia) a été le premier succès commercial de l’histoire de la télévision par câble. Elle a reçu de nombreux Emmys Awards ou Golden Globes.

Valeurs
Comme les autres médias, les séries transmettent des valeurs. La violence, le sexe et le mensonge ont toujours été des éléments vendeurs. Pour frapper, les scénaristes sont toujours un cran en avance sur les évolutions de la société: plus vite, plus osé, plus violent, plus sensuel, etc. «Les séries télé se permettent de plus en plus de choses, vont là où il leur était interdit d’aller auparavant et n’hésitent plus quand il s’agit de sujets autrefois tabou», écrit le spécialiste français des séries télévisées Alain Carrazé dans un article paru sur internet, C’est le cas de Skins, série britannique dans laquelle alcoolisme, homosexualité, racisme, sexe et bagarre sont le quotidien de jeunes désenchantés. Reflet du mal-être ambiant, ces séries mettent rarement en avant des valeurs comme le partage, le pardon, la fidélité ou alors à dose homéopathique.

Sandy Azouz

Je m'abonne à Just 4U | Achat au N° | Autres articles de ce N°