Mon corps est le temple du Saint-Esprit

Le culte du corps est une des marques de la culture contemporaine. Se pomponner, prendre soin de soi, cela ne date pas d'hier. Mais on parle ici de l'obsession de la beauté extérieure, solarium, lifting et silicone. Aujourd’hui, votre corps et votre apparence extérieure jouent un rôle plus important dans votre identité et vos relations, les possibilités professionnelles qui vous seront données ou non, que ce fut le cas par le passé. C'est lié à notre culture de l'image, de la consommation et de l’éternelle jeunesse.

Où est le juste milieu? Si on peut se permettre de critiquer cet excès dans une perspective chrétienne, cela ne veut pas dire qu'on doit retomber dans une vision négative du corps, telle qu'elle a prévalu pendant des siècles dans l'Europe chrétienne, bien au contraire. Osons le dire: le christianisme a été longtemps en bataille avec le corps. C'était la composante «dangereuse» de l'être humain; le lieu des passions, des débordements, des excès. Il fallait le tenir en laisse. Le mépriser, même.
Cela dit, il n'est pas sûr que le contexte actuel soit meilleur, lui qui surévalue le physique, le visible et la sensation immédiate. Et qui fait que, si tu n'es pas au top physiquement, si tu ne ressembles aux tops des magazines, silhouette impeccable, peau sans ride (merci à Photoshop), courbes avantageuses et muscles saillants, tu ne vaux rien ou presque. Où est alors le juste milieu?

Dieu en nous: une relation
L'apôtre Paul écrit aux chrétiens de Corinthe (3,16-17) que leur corps est le temple du Saint-Esprit. Qu'une divinité habite un corps de chair n'est pas une idée étrangère aux histoires et récits, déjà dans les anciens mythes. A une certaine différence près: quand une divinité entrait dans un humain, ce dernier perdait tout contrôle; il devenait une marionnette. Rien de tel avec le Dieu de la Bible, qui vient habiter les siens tout en leur laissant pleine liberté. C'est une relation, non une possession.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle
L'espace unique consacré à Dieu sur terre, dans l'Ancien Testament, celui où le Tout-puissant avait personnellement choisi de résider, était le temple de Jérusalem. Mais lorsque Jésus vient sur terre, il est la manifestation définitive de Dieu au milieu de l'humanité. C'est la raison pour laquelle Jésus dira, quand il est à Jérusalem: «Si vous détruisez ce temple, je le rebâtirai en trois jours». Il envisage son propre corps et le temple comme une même réalité.
Par la suite, l'habitation de Dieu sur terre sera multipliée par autant qu'il y a de chrétiens, c'est-à-dire de gens qui ont reconnu Jésus-Christ et qui ont été rendus capables d’accueillir en eux la présence terrible (relire Exode 33) du Dieu vivant. Ils sont membres de l’Eglise, le vrai Corps du Christ, l’habitation de l’Eternel trois fois saint, ce n’est pas rien, non? (Entre parenthèses, c'est la raison pour laquelle, dans l'interprétation chrétienne, il n'y a plus besoin de temple à Jérusalem).
Ce message est donc un message d’appartenance formidable, de dignité et même de puissance. C'est le Tout-puissant qui fait demeure en nous par l'Esprit saint. Il nous transforme progressivement pour nous faire ressembler à Jésus, dans la mesure où nous le laissons faire. «Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira!», écrit l’apôtre dans le même passage.

Un message moral
Mais il y a un deuxième message, qui est de nature morale: un temple est un espace sacré. Dans une église, temple de pierre, on n'entre pas avec des chaussures crottées, mal vêtu ou pas vêtu du tout ou encore en braillant comme à la fête foraine. De la même manière, le corps du chrétien devient un lieu «sacré»: on ne doit rien y apporter d'impur. Si on revient au texte de la Bible, c'est sur le ton du reproche que l'apôtre Paul rappelle aux Corinthiens que leur corps est le temple du Saint-Esprit. Car ces chrétiens immatures abusaient de leur corps en pratiquant l'immoralité sexuelle, dans le cadre notamment des fêtes païennes. Glorifiez donc Dieu dans votre corps! Vous ne vous appartenez pas à vous-même!, les reprend-ils.
Car Dieu ne sauve pas seulement des âmes et des esprits, mais aussi des corps: l’humain tout entier. Nous sommes des temples de chair, car Dieu habite en nous. De quoi relever la tête fièrement pour la journée, non? Et n'oubliez pas le déo.

El Ramon

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