Avocat, au service de la justice et des détestés

A 30 ans, Marc Ghioldi est avocat depuis six ans. Il raconte quelques anecdotes de sa carrière, souligne les avantages du métier et casse l’image de l’avocat-menteur au service des criminels…

Qu'est-ce qui t'a poussé à choisir ce métier?
Trois mots: liberté, intérêt, argent! Je voulais être mon propre patron, en faisant quelque chose d'intéressant qui me permette de gagner correctement ma vie. Le droit a des spécificités qui me plaisent: il allie rigueur, logique, stratégie, combativité, psychologie, intelligence et dignité.

Qu'est-ce que tu aimes?
-La variété. On rencontre les gens et on rentre dans leur vie pour régler leurs problèmes ou les conseiller. On touche à toutes sortes de matières, on bouge, on plaide aux audiences, on alterne entre négociations et combat judiciaire.
-Je travaille pour moi et je gère mon emploi du temps. Je suis libre de mes choix et j’en assume les conséquences.
-A notre petit niveau, on peut aider les gens dans leur quotidien.
-La profession est considérée comme digne et les gens nous respectent.
-Le droit s’adapte aux nouvelles technologies et aux évolutions de la société. Mais en même temps, il reste attaché aux règles et à la tradition.
-Ce métier oblige à toujours se remettre en question: ce que je fais est-il juste et bien?

Quels sont les «moins» de la profession?
-On court tout le temps et on est obligé de rester très organisé pour ne pas se laisser déborder.
-On ne sait jamais combien on va gagner à la fin du mois. Heureusement que la confiance des chrétiens est en Dieu et pas dans leur travail!
-Attention à l'orgueil. Avocat est une profession qui peut vite faire gonfler l'ego.

Fais-nous part de quelques expériences
Une marrante: ma première plaidoirie. Je suis malade, j'arrive devant le juge fiévreux, je plaide en me mouchant et en toussant. Ma stratégie et mon discours sont mal ficelés. Même moi, je ne comprends pas ce que je suis en train d'expliquer. Une catastrophe. Je reçois le jugement quelques semaines plus tard: j'ai gagné...

Une intéressante. Une cliente au passé catastrophique n'a quasiment plus de rapports humains, on a placé ses enfants et elle risque de perdre son autorité parentale. A force de travailler avec moi, elle reprend confiance et ça l'aide à suivre ses traitements contre la drogue et l’alcool. Je parviens à faire changer l'opinion des juges. Non seulement elle a pu conserver l'autorité parentale, mais elle voit aussi les enfants de plus en plus régulièrement.

Comment Dieu donne-t-il du sens à ton travail?
Les gens «sentent» la différence entre un avocat chrétien et un autre. L'honnêteté et l'humilité sont des valeurs chrétiennes à mettre en avant. Chacun mérite qu’on le défende, même quand tous veulent le lapider. Pas pour faire croire que le coupable est innocent, mais pour que la sanction prononcée soit juste et proportionnée. En cela, l'avocat aide la justice.

Quel est le profil-type de ce métier?
Très varié! On peut avoir fait des études littéraires, économiques ou scientifiques. Il faut aimer réfléchir, avoir un esprit logique, ne pas avoir peur du conflit ou des relations, avoir le sens des responsabilités et développer une confiance en soi et en Dieu. Inclure Dieu dans sa vie professionnelle est le plus sérieux des atouts.

Guillaume Saehr

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