Les dessous de la pornographie

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Tombé dans la pornographie à onze ans, Philippe Decourroux lutte aujourd’hui contre l’industrie du sexe. Il explique pourquoi.

1. Femme-objet
«Ma dépendance au porno a été instantanée. C’était un mélange de fascination et de dégoût. Ces images ont obsédé mes pensées et faussé totalement ma compréhension de la sexualité ainsi que mon regard sur la femme, qui n’est devenue qu’un simple objet de convoitise et de satisfaction sexuelle». Voilà pourquoi Philippe Decourroux est écœuré par le monde du porno: la pornographie transforme nos envies sexuelles et les pervertit. Par exemple, elle met en place l’image du «sexe fitness», qui impose la relation sexuelle comme une prouesse physique individuelle. Rien à voir avec la réalité: la relation sexuelle est un moment de partage avec une autre personne, sans égoïsme.

2. Conception faussée de la réalité
La pornographie agit sur notre vision de la réalité. Nous croyons que toutes les filles sont toujours partantes et consentantes pour tout, parfois même instigatrices de la perversité. Tentant, n’est-ce pas? Et pourtant, cette vision de la femme n’est pas le reflet de la réalité. Dans notre monde, les filles veulent être respectées et elles ont des désirs, qui doivent être entendus. Quand l’une d’elles dit non, ça veut dire non, un point c’est tout! La pornographie nous fait perdre de vue cette partie de la réalité, qui est complètement absente des images ou des films pornos.

3. Sexualité et sexe: deux choses différentes
«L’industrie du porno, c’est un piège. Le problème principal, c’est que les gens ne font plus la différence entre sexualité et sexe. Le porno, c’est du sexe. Et en plus, c’est du faux, c’est du mensonge et de la perversité», éclaircit Philippe Decourroux. La sexualité, c’est l’usage que nous faisons de notre sexe.
Une pelle, par exemple, est conçue pour creuser ou porter des matériaux, pas pour téléphoner ou pour skier… De plus, le «pelleur» est maître de la pelle, ce n’est pas la pelle qui choisit d’être utilisée de la manière qui lui semble la meilleure. De même, le sexe ne doit pas être utilisé de n’importe quelle manière, ni nous dominer: c’est nous qui sommes maîtres de lui. Affirmer «c’est juste du sexe» revient donc à dire «je téléphone avec une pelle», ce qui est totalement absurde. Le sexe sans amour est un acte physique dénué de sentiments. Et c’est ce que veut nous vendre l’industrie pornographique…

4. La pornographie détruit
Si l’on parle d’«industrie» du X, c’est parce que son but est de faire de l’argent, pas de procurer du plaisir aux gens. Philippe Decourroux recommande de ne jamais tomber dans ce milieu: «Toutes les parties jouent à perdant-perdant. Il n’y a pas de gagnant, même pas ceux qui en retirent de l’argent. La pornographie est destructrice, elle casse quelque chose au fond de nous». Elle casse notre vision de l’autre, notre innocence et une partie de ce qui fait de nous des humains: le respect et l’amour de l’autre.

Samuel Maire

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